les oiseaux migrateurs

Mes Aïeux : extrait de leur nouvel album, À l'aube du printemps, sorti le 12 mars dernier.

Videoclip « Les Oies Sauvages », écriture inspirée d'un texte de Félix-Antoine Savard [les images ont été tournées le 22 avril 2012, à Montréal, lors de la marche du Jour de la Terre] :

Réveillée vers six heures par quelques chants d'oiseaux, brefs, puis rendormie.

Ensuite, vers huit heures, j'entends les outardes s'approcher, de loin. Vite debout, je tire le rideau et regarde le ciel, l'eau. Elles volaient bas.

Les oies sauvages descendaient en lignes et se posaient sur l'eau en cacardant. Toutes celles qui arrivaient derrière ou sur les côtés s'installaient sur le fleuve aussi, il y en avait des centaines.

C'était beau. Une grande messe. C'était possiblement leur première escale du matin avant de se lancer encore plus au Nord, ou vers un ailleurs meilleur, moins chaud et plus giboyeux.

Soudain, trouant la nuée cacardante et jacassante qui mangeait allègrement du bon poisson, un petit bateau à moteur est arrivé à contresens en vrombissant dans un vacarme infernal.

La machine a foncé tout droit sur les outardes qui se sont envolées dans le plus complet affolement.

C'était qui, ça, cette bête puante et polluante qui s'acharnait sur des oiseaux affamés et fatigués qui arrivent de loin et ont besoin de se ravitailler en se reposant un peu les ailes ?

Ce que j'ai vu, ce triste spectacle, c'était un viol. Ça se déroulait sous mes yeux et je ne pouvais rien faire. Le sentiment d'impuissance, ça peut vous couper les ailes aussi. Il ne faut pas se laisser aller à ça.

J'ai senti un fort besoin d'écrire ce que j'ai vu. Ce matin j'ai vu un écervelé ou un enragé quelque part entre Sorel et Lavaltrie, qui s'amusait à effaroucher les oiseaux migrateurs.

C'est tout ce que je peux faire. Raconter. Dire. J'y ai lu une analogie prenante avec ce qui se passe dans les rues ce printemps.

Le groupe Mes Aïeux l'avait vue bien avant moi, cette analogie.

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Selon la Loi de 1994, « chasser » signifie pourchasser, poursuivre, harceler, traquer, suivre un oiseau migrateur ou être à son affût, ou tenter de capturer, d’abattre, de blesser ou de harceler un oiseau migrateur, que l’oiseau soit ou non capturé, abattu ou blessé; (hunt).

Les bernaches du Canada sont protégées par la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs.

Et nos enfants, elle est où la Loi qui les protège d'un gouvernement qui les chasse [pourchasse, poursuit, harcèle, traque, suit, est à leur affût, tente de les capturer, de les abattre, de les blesser ou de les harceler], qu'ils soient ou non capturés, abattus ou blessés (hunt)] ?