lundi 15 juin 2020

1. Pourquoi pas continuer ?

monalisa.jpg, juin 2020

Mona Lisa masquée. Source : Pixamay.com

N'étant toujours pas décidée si j'allais cesser d'écrire dans mon journal en ligne [depuis octobre 2019 !] ce qui équivalait à le fermer ou presque, Noël a passé.

Des fêtes de Noël toujours aussi généreuses en humanité qu'en affriolantes guirlandes lumineuses.

Tout de suite après le Bye Bye 2019, la Nouvelle Année est arrivée. Pas encore envie de continuer le bloguage. Ni d'arrêter d'ailleurs. J'ai laissé flotter encore un peu.

Et puis en mars 2020, PATATRAS. « On vous l'avait pas dit, mais on n'y croyait pas. C'est si loin la Chine. Restez tous chez-vous, c'est une pandémie. Un coronavirus plus contagieux et méchant que les autres pourrait causer la COVID-19 entraînant des infections pulmonaires graves peut-être la mort mais on ne sait pas tout sur ce virus encore. Trop nouveau ! Tout ce qu'on sait c'est qu'il n'existe pas de traitements. Et n'espérez pas de vaccin avant dix-huit mois à deux ans sinon jamais. » Terminus. Tout le monde descend. « Avancez en arrière ! » criaient les chauffeurs d'autobus de Montréal toujours trop pleins de gens entassés vers l'avant en poussant devant eux pour s'en sortir au plus vite.

Zen les premiers jours, j'ai pensé écrire le confinement, songé à le « journaler » pour en garder trace ou souvenance. Une mémoire de ce temps qui serait long, je le sentais. J'ai ouvert mon journal papier, écrit. Arrêté l'exercice après deux jours. Le troisième jour, j'entrevois le projet de noter le confinement dans ce qui m'a autrefois servi de laboratoire d'écriture en ligne. J'allume l'ordi et BOUM. Plusieurs « Journal du confinement » ont poussé comme de la mauvaise herbe ici et là sur le web. Dégoûtant. Je ne les lis pas. Mais un peu. Ici et là. Beau travail. Comment les blâmer ? Par contre, si j'en écris un à mon tour, j'aurai l'air de copier. Pas question.

Court-circuitée par l'orgueil, après une semaine d'épuisement à tourner en rond toute seule dans la maison, je décide de passer à autre chose. Autre chose se résumera à dire ok, je ne tomberai pas malade ni ne contaminerai personne pour remplir inutilement les lits qu'ils n'ont pas pour tout le monde à l'hôpital, je vivrai le confinement à fond. Jusqu'à la lie, dira-t-on. Juste le vivre. Mais bien. Le courtiser avec le plus de plaisir possible. Sans écrire un seul mot à son sujet. Le sujet étant gros comme l'éléphant dans une maison des miroirs. Et puis toutes ces personnes mortes dans les CHSLD, jour après jour, de maladie, de faim, de soif et de solitude, ça m'a terriblement choquée au sens de brisée en petits morceaux sanglants. Comment est-ce que ç'a pu arriver ? Je les savais très très vieux et très très malades, mais mourir dans d'inutiles souffrances tout seuls. Je criais NON presque jour et nuit. À défaut d'avoir la capacité d'aller les aider, la situation méritait un long silence. Le recueillement.

Je me suis donc drapée dans la paix, la sagesse et un confinement intérieur silencieux. Et j'ai survécu. Comment ? Je verrai bien si j'ai le courage de l'écrire demain.