146. les passages obligés [3]

mon soleil noir du soir

« mon soleil noir du soir »
( 3e fragment d'une aquarelle /gauche/, - /le centre/ - barbouillée [avec la main /gauche/]
un soir d'orage /rouge/ {mes préférés}
en débroussaillant la petite forêt sauvage )

Toute le poésie, toutes les délices des environs, tous les mystères du firmament, toutes les pensées confuses de la futaie qui garde la fraîcheur que lui confia la nuit comme un trésor sacré, toute l'intensité bienheureuse et tremblante des champs de froment, des plaines, des collines livrées sans défense à la dévorante magnificence de la lumière, toute l'indolence du ruisseau qui coule entre ses rives tendres, et le sommeil de l'étang qui se couvre des gouttes de sueur que forment les lentilles d'eau, et la satisfaction de la maison qui ouvre en sa façade blanche ses fenêtres avides d'aspirer l'horizon, et le parfum des fleurs qui se hâtent de finir une journée de beauté embrasée, et les oiseaux qui chantent selon l'ordre des heures pour leur tresser des guirlandes d'allégresse dans le ciel, – tout cela, avec des milliers de choses et des milliers de vies qui ne sont pas visibles, se donne rendez-vous et prend conscience de sa durée autour de ce miroir du temps où le soleil, qui n'est qu'un des rouages de l'immense machine qui subdivise en vain l'éternité, vient marquer d'un rayon complaisant le trajet que la terre, et tout ce qu'elle porte, accomplit chaque jour sur la route des étoiles.

Maurice Maeterlinck : « L'intelligence des fleurs »,
in La vie de la Nature [1907]

Sur cette page, troisième et dernière photo d'une aquarelle ratée, que je n’aime pas beaucoup, parce que le centre est mal rendu et pas comme je le voulais, pour cause de pinceau trop gros. J’avais dessiné des tiges et des feuillages dans le cercle du milieu avec un crayon à mine noire et c'était super. Mais en appliquant le rouge colère par dessus, plusieurs traits et petits détails ont disparu, c’est pourquoi j’ai essayé de les refaire avec un pinceau et de la peinture noire mais les lignes sont trop grosses et j’ai tout gâché. Mais ce n’est pas grave. Je le garde comme ça pour le moment parce que j'aime bien les visions que j'ai eues et les émotions subtiles ressenties quand je l'ai imaginée et exécutée. Avec l'idée de recommencer le tableau une fois que j'aurai acheté des pinceaux super fins. Et un bout de toile.

D'ici là, pourquoi ne pas simplement dessiner ?