98. ne m'oublie pas

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Je traînais derrière moi cette photo, bien ordinaire, d'une talle de jeunes topinambours en fleurs, et déjà grands pour leur âge en plein mois d'août, légumes que j'ai appris à cueillir encore tout petits parce qu'il fallait les arracher du coin de jardin qu'ils occupaient pour faire de la place à d'autres cultures. Ils auront été mangés en salade ou autre bouillie lactofermentée, ou quelque chose dans ce goût-là. Ainsi va la vie.

J'avais pris cette photo  à la Société des plantes de Kamouraska, un jour du mois d'août 2010; et c'est même ce jour-là que j'ai perdu mes lunettes de soleil. Pour une fois que j'en avais des pas trop moches, achetées chez MEC en même temps que ma tente. Tant pis, je m'en suis trouvé d'autres.

Je n'avais pas eu le temps, ou pris le temps pour l'écrire, et en plus je me demande bien qui va me croire, mais il se trouve que je me suis inscrite l'été dernier à un cours de design en permaculture [un vrai cours de 72 heures, chef], et j'ai tenu bon jusqu'au dernier jour, même si l'expérience fut aussi difficile qu'intéressante et passionnante, et c'est à cette occasion que j'ai dû camper deux semaines en mode semi-sauvage dans un verger abandonné, sur une terre [abandonnée] du Bas-du-fleuve avec une vingtaine de personnes qui un peu comme moi se cherchaient possiblement sans le dire une « niche » pour survivre dans et avec l'écosystème. 

le journal et le reste

Le plus dur, c'est de retrouver le ou les fils. Recommencer à écrire dans un journal qui n'est pas un blog et qui s'affichera sur le web en faisant comme si ce n'était qu'un petit cahier ordinaire. Sans aucune envie de faire comme si. Plus capable, peut-être ? On dira ça, on dira que je n'arrive plus à faire comme si je ne pensais jamais à tout ça. C'est peut-être ça qui coupe le fil, la voix ou le souffle.

C'était si simple, pourtant. Et puis ça s'est compliqué peu à peu et ensuite progressivement disons que ça n'a pas été en se simplifiant. Je ne sais même pas si cela vient de moi ou bien de vous. Cette affaire de journal devenu trop silencieux.

Ce billet, je vous le dis tout de suite, n'a aucun autre but que de me remettre à la tâche, trouver une manière de tenir mon journal online en ligne comme du monde, plus souvent, tous les jours, si possible. Faut dire que cela n'a jamais été une tâche mais un pur désir, quoique, c'était peut-être bien un travail que de tenir un journal en ligne pendant si longtemps quand on avait pas grand chose à dire, allez savoir tout ce que l'on peut se raconter comme histoire pour durer. Pour faire durer une histoire.

Et puis il y a eu ces mots entendus de la bouche même du grand Boukar Diouf un soir de complet désoeuvrement où je me suis retrouvée devant la télé à onze heures du soir à regarder Des kiwi et des hommes. Ces mots de Diouf, que j'ai entendus comme suit : « Ghandi disait que tout ce que l'on fait dans la vie est insignifiant mais qu'il est très important de le faire ». Peu de temps après, j'ai entendu à peu près la même chose au tout début du film La rage de vivre [Remember me]. Boum !

la vie, l'ordi

Déjà décembre. Et le 2, en plus. Il fait soleil et grand ciel bleu. Les grand arbres de ma rue sont tout nus. Un émondeur est passé hier, en a pris soin en coupant les branches mortes, ils ont mis des petites planches autour du tronc des jeunes arbres plantés cette année. On n'en fait pas autant pour les enfants de la rue.

Avec tout ça, mon macbook air a été réparé. Ç'a pris une dizaine de jours parce qu'ils ont dû commander les pièces. Je me suis retrouvée avec un nouvel écran tout neuf [parce que les charnières en font partie, hihi] sans qu'il ne m'en coûte un sous. Une sorte de rappel silencieux, à ce que j'ai cru comprendre. Un défaut des macbook air de première génération. J'en savais rien.

Avec tout ça [bis] et mine de rien, j'en ai à peu près terminé avec la réédition du journal. Une dernière lecture/révision, un test de détection des liens morts, des images manquantes et pouf, je pourrai arracher les vieilles pages [actuellement sous mot de passe] du serveur. Ça prend trop de place pour rien. Je les gardais juste au cas où. Faudra bien un jour m'en séparer.

Avec tout ça [ter] et mine de rien [bis], j'ai presque fini de bidouiller un nouvel habillage pour le journal. Tout en nuances de blanc et de gris. Plus que minimaliste. Un style qui soigne les mots et la typographie pour redonner toute sa place à l'écriture. J'ignore encore si je conserverai la pub de google. Celle du bas ne me dérange pas trop, le principe non plus, en autant que le contenu soit acceptable et si possible pas trop mensonger. Si ça pouvait au moins servir à payer l'hébergement, c'est pour ça que je donne une petite place à la pub, juste pour ça. Et celle dans la colonne de gauche, j'en pouvais plus des platitudes qu'ils annonçaient [en général], alors je l'ai virée. Ciel que je manque de patience des fois. J'en remettrai peut-être, mais pas beaucoup.

et les topinambours

La semaine passée, il y avait un gros sac de topinambours dans mon panier de légumes bio [qui poussent sur la ferme Les jardins de Tessa, de Frelishburg; ils viennent les livrer dans le quartier, été comme hiver]. J'ai bien aimé cuisiner ces légumes « oubliés ». Et surtout les manger ! J'en ai fait un super gratin à la dauphinoise. On s'en lèche encore les doigts. 

Par conséquent, faire pousser, récolter et cuisiner des topinambours, ou même reprendre l'écriture de mon journal en ligne n'a rien d'insignifiant. Très important, alors ?  Possible.