34. quark

Le mot du jour, fraîchement extrait du Petit Robert pour charmer d'étrangeté, de vérité et de beauté les parents et amis du journal* est :

quark * / kwark / * nom masculin  – avant 1967 ; mot emprunté par le physicien américain M. Gell-Mann au texte de James Joyce « Finnegans Wake ».

Physique : Particule fondamentale chargée, possédant un spin, confinée dans les hadrons où se manifeste sa propriété particulière (dite « charme, étrangeté, vérité, beauté »).

Phrase scientifique fort sérieuse type où l'on peut rencontrer le mot quark [toujours en provenance du même dico ] : « Les quarks et leurs antiparticules sont liés par les gluons colorés. Le quark top. »

Question à se poser pour réflexions et cogitations interminables sur un blog : les céréales Fruit  Loops que j'ai mangées à matin pour déjeuner seraient-ils des gluons colorés avec un quark top ?

La phrase inspirante de Joyce pour monsieur Gell-Mann est : « Three quarks for Muster Mark ». Il s'agit des premiers mots d'une chanson entonnée par un choeur d'oiseaux de mer, lumineux incipit au chapitre 4, dans le livre II. Allez savoir ce que cela signifiait dans la tête de l'auteur. Ils racontent sur Wikipedia que quark signifie probablement trois acclamations (ou « trois railleries » d'après les notes de Joyce) pour Monsieur Mark.

Mais quelle était donc cette chanson me direz-vous ? D'abord en anglais, je cite [dans le livre, la chanson est en italique aussi]. Et après je recopierai fidèlement la traduction qu'en a fait Philippe Lavergne, qui a traduit la phrase par « Trois quarts à la pie pour Maître Marc ! »...

– Three quarks for Muster Mark !
Sure he hasn't got much of a bark
And Sure any he has it's all beside the mark.
But O, Wreneagle Almighty, wouldn't un be a sky of a lark
To see that old buzzard whooping about for uns shirt in the dark
And he hunting round for uns spekled trousers around by Palmerstown Park ?
Hohohoho, moulty Mark !
You're the rummest old rooster ever flopped out of a Noah's ark
And you think you're cock of the wark
Fowls, up ! Tristy's the spry young spark
That'll tread her and wed her and bed her and red her
Without ever winking the tail of a feather
And that's how that chap's going to make his money and mark !

Quel style époustouflant, quelle belle langue délirante et musicale que celle de Joyce. Mais, comme ils disent à la télé : essayez pas ça à la maison !

Je reviens plus tard avec la traduction de Lavergne. D'ici là, bises séraphines [expression volée à kali et je l'écris et je la dis et je la lis et je la rougis].


– Trois quarts à la pie pour Maître Marc !
Sûr que sa barque ne vaut pas grand-chose
Et que tout ce qu'il a, se trouve être hors de saison.
Mais O, Toute-puissance Chamaille, ne serait-ce pas alouettable
De voir ce vieux busard mener grand tapage pour nous, chemise au vent
Et chercher à la ronde des pantalons propres pour nous, près du Parc de Palmerston ?
Hohohoho, Maître Marc !
C'est toi le coq le plus rigolo jamais envolé de l'arche de Noé
Et tu crois que t'es le coq de l'arche des douleurs.
Debout volaille ! Tristy est la bouillante étincelle
Qui va la piétiner, l'épouser, la coucher, la lire
Sans jamais l'ombre de la queue d'une plume
Et c'est comme ça que not'gamin va se refaire pour plonger dans la Marc.