56. mea culpa

Ce journal rencontre une autre transformation. La pire, peut-être, de sa courte histoire.

J'ai finalement accepté l'évidence que mon journal en ligne n'est rien d'autre qu'un [misérable] blog sans aucun salon à commentaires, sans fils pour les conversations avec et entre les lecteurs. Sans pub. Et sans forum. Ici, on s'écrit des emails, ou des lettres en papier, ou bien on s'écrit pas. Ici, « on » est libre.

Ici « on » a droit au silence, à l'absence du bruissement incessant de paroles alentour de soi, « on » a droit, donc, de lire sans faire d'échos ni de ronds dans l'eau.

La version 4, de Movable Type, est disponible pour essai, en beta. Paresseuse par essence, je ne l'installerai pas avant qu'elle n'en soit à sa version finale.

Réaction d'égoiste, je sais. Si je la téléchargeais et l'installais sur le serveur, je pourrais aider à son développement, peut-être. En tout cas, découvrir et signaler des bogues. Sauf que je ne suis pas une bidouilleuse de métier.

Et que je n'ai pas tellement de temps pour jouer dans les codes en ce moment. J'ai préféré changer ma feuille de style une autre fois, ce matin. Gardé le rouge en toile de fond.

Et puis j'ai entrepris de relire À la recherche du temps perdu, pour singer une plus que gentille et probablement ma plus patiente et fidèle lectrice du web qui m'a écrit « j'ai (re)commencé la lecture d' A la recherche du temps perdu ».

C'est comme ça que le désir m'est (re)venu. Merci Jo. Je suis nulle, je ne lui ai même pas encore répondu, mais j'y pense souvent.

Je lis Proust mieux que les premières fois, assise dans l'herbe. J'en suis encore à « Combray, II », Du côté de chez Swann.

Elle doit avoir fini À l'ombre des jeunes filles en fleurs. Quel titre follement tordu et inspirant. Je (re)découvre, j'aime. Et je prends des notes. Je lis très lentement car je travaille beaucoup (pour gagner des sous) et puis il y a les légumes et les fleurs à cultiver. J'ai entrepris d'autres travaux de rénovation, pas pu m'en empêcher.

J'ai repris mon manuscrit, ça avance bien : 86 pages tapées, corrigées, et une forme qui s'affirme, mais pas en forme de poire. Merci Satie. J'ai fait des rêves sans queue ni tête. Quelques mots à ce sujet bientôt.