miscellanées

Toujours pas de neige et je marche dans le bois sans mes raquettes. La forêt c'est trop et cela ne se dit pas. La forêt, une peau. Peut-être plus épaisse encore que ma propre peau. Je rêvais de vous rencontrer dans un train, mais vous étiez là. Et en même temps vous étiez absent de l'incommensurable espace entre vous et moi. Et par extension ils se demanderont un jour quelle déraison a bien pu frapper votre dieu ce jour-là, où nous nous rencontrâmes, d'unir deux êtres incommensurables, deux êtres absolument brisés ou séparés, en tout cas blessés à mort et morcelés, épars, et qui n'avaient point de commune mesure entre l'âme et le corps. Je marche. Je marche dans le bois.

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Enfirouapée de rouges lainages et genièvre je me sais condamnée à marcher seule sans vous dans la jeune et blanche forêt de bouleaux. J'en ai trouvé un petit qui avait pris racine au bord d'une vieille souche morte et toute vermoulue et c'est en plein coeur de tout ce vert en plein hiver que je vous le donne. Il n'y a toujours pas de neige dans mes bois et cela se jouera fou comme papier plume avec l'envers de mes fugues et l'hier, sous les bords enroulés et déchirés du monde amande. Un peu roses.