104. le goût des livres

Même jour. Fin de l'après-midi. Il a fait très chaud, 35c. et plus. Trop pour bêcher le croissant des vivaces au gros soleil. J'ai bien essayé, mais après 15 minutes je voyais des étoiles.

Je suis allée à la bibliothèque rapporter Les enfants du siècle, d'Alfred de Musset, que j'ai pris grand plaisir à lire, et Douce colère, de Gil Courtemanche. En retard. Payé 60 cents d'amende. Découvert un coin de la bibli. portant le nom de « Documentaires adultes ». J'y ai déniché des trucs très intéressants. Suis rentrée à la maison en serrant sur mon coeur les Lettres d'amour à Brenda Venus, de Henry Miller, et le tome 1 des Lettres à Sartre, de Simone de Beauvoir. Maintenant, le temps est à l'orage. J'ai envie d'une grosse pluie de trois jours, minimum.

Je suis sortie m'asseoir dehors pour lire. Impossible. Une nuée de moustiques a failli me dévorer vivante. Me voici donc assise devant l'ordi. en jonglant avec le deuxième billet en une journée, et en espérant la pluie pas juste pour lire et pianoter sur le clavier mais pour que mes légumes et autres plantations et semailles poussent, sinon je devrai arroser abondamment ce soir.

J'ai fini la saisie par copiés-collés de chacune des pages du volume 1 de ce journal en ligne. La copie en format pdf est prête et je l'ai expédiée à ceux qui me l'ont demandée. Et ce gratuitement, pour les bonnes fées de mon journal et ses autres écritures. Je tiens à préciser que le statut de fée n'est pas réservé aux femmes.

Et puisque plusieurs lecteurs m'ont dit préférer le format papier, je travaille à une maquette pour la couverture, et commencé une belle mise en page, et une sérieuse révision [pas sur le fond, juste pour corriger les fautes de frappe, de ponctuation et autres, et j'en ai trouvé tout plein - disons quelques unes]. Je songe à confier le manuscrit à un imprimeur. à commander des numéros ISBN et à trouver un nom d'éditeur. Que pensez-vous de « Les éditions Strohem » ? J'ai pensé à « Les éditions des Carnets rouges », mais bon, le nom est déjà pris, à moins de refondre complètement le site internet, mais ça me tente, vu que je suis propriétaire du nom de domaine lescarnetsrouges.com depuis quelques années déjà. Je réfléchis, je crains la confusion.

Eh oui, je mettrais ainsi les pieds dans le merveilleux monde de l'édition. N'étant pas tout à fait ignorante de la chose, puisque j'ai eu la chance de suivre les cours de l'un des plus grands éditeurs québécois. Je ne peux cependant pas affirmer candidement que je connais tout du métier. Mais après avoir étudié l'histoire de l'édition au Québec depuis ses débuts jusqu'à avant-hier, j'ai une assez bonne idée de ce qui m'attendrais au tournant. Je pourrais donc commencer par publier mon journal [en insérant des extraits du journal papier ici et là, les meilleurs pages, top secrètes, histoire de mettre un peu plus de chair vibrante dedans l'os à moelle] et ensuite des manuscrits que d'autres voudraient bien me confier [journaux intimes, autobiographies, romans, essais, contes et nouvelles] et lorsque j'aurais dix livres au catalogue, j'aurais peut-être droit à quelques subventions pour continuer.

Si j'allais de ce côté, qui n'est pas de l'auto-édition, mais bien un véritable travail d'édition, ça serait bien évidemment pour répondre à la demande, et [enfin, la pluie vient de commencer à tomber, alleluia!] parce que c'est l'issue que je privilégie afin de produire des documents papier de qualité et qui se rangent « plus facilement », comme l'a dit une lectrice géniale. Parce que je crois que les livres sont des objets que nous n'avons pas fini d'aimer depuis qu'il y a l'internet, bien au contraire. Et parce que je crois également que ce que nous écrivons mérite d'être publié sous forme de livre « aussi ».

Enfin, tout ça pour dire que ces dernières années, j'ai été souvent tentée par l'édition. Ce n'est donc pas une bulle de savon qui éclate au premier coup de soleil. Si mon projet ne levait pas, c'est que j'attendais peut-être des encouragements qui ne sont pas venus de mes proches [amis, famille] ou parce que mon entourage n'y croyait pas et que j'avais besoin de ça. Je croyais avoir besoin de cet appui, et c'était une fausse croyance. J'ai découvert que je pourrais le faire sans ça. Et c'est ainsi que je pourrais m'autoriser à vivre une autre belle expérience et que je passerais du rêve à l'action. Tout en poursuivant mon travail sur le roman en chantier, qui est encore loin d'être prêt à publier.

Dès que j'aurai des développements concrets sur ce projet, je l'écrirai ici, en primeur. Ouf, quelle pluie, ça tombe dru, et il fait soleil en même temps avec du brouillard sur le fleuve, et tous ces rayons blanc doré traversant les feuilles des arbres, on dirait des images de contes et de légendes moyenâgeuses. Et les sous me direz-vous, où trouverez-vous les sous pour financer vos projets d'édition ? Des sous ? j'en ai toujours trouvé quand j'en ai eu besoin. Alors on en trouvera. Et puis j'ai déjà un carnet de commandes qui se remplit tranquillement. Ça va marcher.