70. le fossé

Je suis sortie très tôt et j'ai marché longtemps, un peu dans les champs mais je n'ai pu me rendre bien loin, et surtout pas dans la forêt. Pas moyen d'y pénétrer. J'ai vu des pissenlits sur le bord d'un fossé, le versant exposé au soleil, je ne m'y attendais pas. Pas à ce jaune vif tout d'un coup. Dans les bois et les champs, j'ai rencontré des grandes plaques de neige pas encore fondue, trop pour marcher dessus sans enfoncer jusqu'aux genoux et pas assez, pas partout, de sorte que même avec les raquettes, ça ne passait pas à cause de la terre et de la boue par endroits. J'ai donc marché sur la route et il y avait ce large fossé avec de l'eau qui tourbillonnait au fond.

pissenlits1_09042006.jpg

Je n'ai pas lu le deuxième livre emprunté à la bibliothèque vendredi dernier, Tender is the night. J'avais adoré Gatsby le magnifique. Et La fêlure, je l'ai tellement tripoté et relu qu'il est tout barbouillé de notes et de soulignés ; certains livres, je les massacre, mais juste quand ils sont à moi. F. S. Fitzgerald fait partie d'une classe d'écrivains à part, que j'aime. Mais comme je veux prolonger mon trempage / immersion dans l'atmosphère Moravia, je retournerai à la bibli tout à l'heure - j'espère que c'est ouvert - chercher le recueil de ses romans, pour relectures et autres butinages.

Pas très en forme ce matin, comme engourdie, je n'arrive pas à écrire deux à trois mots sans que le bout de mes doigts ne s'emmêlent sur les touches.