118. libre et fragile

Palymbrosia se terminera d'ici quelques jours pour laisser sa place au retour du Love and Writing Project, Tome 2. Pour laisser la plus grande place à l'amour. Et à l'écriture. Et parce que je.

N'ai jamais été aussi seule de toute ma vie. Pas malheureuse, seule, libre et fragile. Entendu hier quelqu'un dire quelque chose comme « si t'es pas seul, t'es pas un écrivain ». Je sais ça depuis si longtemps, mais de l'entendre sortir de cette bouche-là m'a fait sursauter légèrement.

Je regarde déjà Montréal avec d'autres yeux, neufs, et la ville me paraît plus belle. Courtisane. Et je déménagerai fin octobre, la date et toutes les modalités sont fixées, je suis venue à bout de tout cela au cours de la journée. Mal de gorge. Et tant de choses à prendre soin de - en attendant, ici. C'est difficile parce que je vis déjà là-bas, par l'intérieur. Je fais des tas de choses qui ne servent à rien, des plans de chacune des pièces, des agrandissements du terrain, et de la serre à construire ou peut-être une longue véranda sur le devant, face au fleuve. Et une liste des arbres, fleurs et plantes qui repousseront autour de la maison toute blanche recouverte de bardeaux en cèdre le printemps prochain : asperges, fraises, lilas, cèdre, érables, mélèzes, pommiers, pruniers, vignes, ciboulette, menthe, thym, tulipes et autres fleurs à bulble, il y a même un olivier et je me demande bien comment il a fait pour arriver là, de la rhubarbe, menthe, lavande, ciboulette, coriandre, des cerises à grappe, des roses trémières et j'en oublie. Ne pas oublier de commander le bois de chauffage. Demain. Et de remettre sur le métier mon Love and Writing Project, ça presse.