117. joyeuse pagaille

C'était le 22 septembre, et ce journal s'écrit depuis maintenant cinq ans et je n'ai pas vu passer le temps. Cinq ans ça fait beaucoup de jours et de pages. Plus de mille et quelques centaines. Mais je n'écris pas tous les jours et donc il y en a un peu moins. Au début c'était pour un exercice, un peu d'autofiction, des bouts de roman, une discipline, et puis c'est devenu un plaisir pur et un labo d'écriture, des notes de lecture, un vrai journal. Ensuite, un certain abandon pour le laisser être à sa manière.

J'ai reçu un coup de fil tout à l'heure et il se pourrait bien que j'habite la maison à la campagne avant l'acte de vente. Je crois rêver. Si tout se passe bien, je pourrai déménager dans trois ou quatre semaines. Et pas le moindre carton en vue. Le bureau, les livres et les papiers sont en ordre, de même que ma chambre, mais le reste de la maison est dans une joyeuse pagaille, cela ne se décrit pas. Et donc si je déménage plus vite que prévu, dès que c'est officiel, je passerai en cinquième vitesse sans plus attendre pour : 1] boucler un contrat avec un déménageur — qui n'est pas encore trouvé, 2] ramasser le plus grand nombre de boîtes en carton possible, et du papier, 3] emballer, empaqueter, 4] téléphoner à des ramasseurs de vieux trucs encore bons à donner, 5] descendre aux poubelles — aouch mon dos —, l'inutilisé, l'inutilisable et l'inutile, bref tout ce qui ne sert plus à rien ni à personne. Comme ce journal.