85. rideaux

gerbera, le 16.07.2005

Je travaille trop, ça me rend dingue, sans compter que ça bouffe toutes mes énergies [almost]. Depuis au moins cinquante mille jours il fait une chaleur à se jeter par les fenêtres des troisièmes étages de la rue Hutchison, une température qui ressort en eau par chacun des pores de votre peau.

Malgré le côté un peu insoutenable de cette canicule, je m'entête à ne pas faire installer un climatiseur. Je n'aime pas le bruit qu'ils font, ni leur froid artificiel, ni la folle quantité d'énergie que ça dévore. Il s'agit d'apprendre à vivre avec sa propre humidité, profiter de la mollesse des choses dont les contours se brouillent et barbouillent. Pousser.

Ce matin le chant des oiseaux m'a réveillée à l'aube, clair et mélodieux. Autour de leurs voix, la ville était pleine de silences transparents. Je songe à la toute petite gorge qu'ils ont et je me demande comment ils peuvent produire des sons aussi limpides et puissants. Je suis sortie marcher nu pieds dans la rosée, le soleil était doux sur les épaules et la peau des bras, sur les joues. J'en ai profité longtemps.

gerbera_murs16.07.05

Tout à l'heure j'ai accroché des rideaux épaix dehors, un rouge et un bleu, sur ma petite terrasse pour créer un peu d'ombre. Avec photos.

rideaux jaunes_16.07.05

Je reviendrai mettre les légendes sur les images un peu plus tard. Dommage, les vitres de la cuisine [celles de doubles fenêtres pour l'hiver archi laides avec des cadres en alu] sont sales et pourtant je les ai lavées il n'y a pas quinze jours. Je crois que je vais les enlever.

L'hiver est si loin, et j'ai à peine eu le temps de commencer mon carnet de poésie du printemps. Déjà fini. Quelqu'un pourrait-il me dire où s'en va le temps ? J'aime beaucoup les rideaux jaune soleil, à l'intérieur et la maison, vous voyez ce que je vois quand je tourne la tête à gauche en lavant la vaisselle, des boutures, des hibiscus et puis dehors une vie collante comme la confiture de coings sous un ciel de lait.