70. anne, ma soeur anne

barbe bleue

[...], ne vois-tu rien venir? » Et la soeur Anne lui répondait : « Je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie. »
[Charles Perrault, Barbe-Bleue].

Et pendant ce temps-là, Miss météo annonçait une fois de plus : « Smog, humidité et chaleur accablante ». Quoi faire d'autre sinon ne pas bouger, ou le moins possible.

Brûlante de partout, je suis rentrée de la campagne de la même couleur que les homards dégustés vendredi soir au chalet, les meilleurs, ceux des Iles avec des élastiques bleus aux pinces, que les hommes de ma vie n'ont pas hésité à couper sauvagement en deux dans le sens de la longueur pendant que chacune des douces moitiés bougeait encore. Puis ils les ont fait griller sur le feu. Sans pitié aucune.

Bien évidemment, et tôt ce matin, la Miss ne pouvait pas voir mes coups de soleil partout dans le dos et sur les épaules, et les bras, et le ventre, allouette [pas mis de crème solaire, trop longtemps allongée dans l'herbe ou à me promener sur le lac]. Aouch, ne me touchez pas personne, ça brûle.

Il faisait si collant hier soir, j'en avais la nausée et je n'ai rien mangé. Bu des litres d'eau. Fait dodo. Je m'ennuie de Façalamercity.

Et si je partais pour quelques mois sans maison à prendre soin de, sans amant, sans travail, sans trottoirs à rouler le soir, sans rénovations et sans grand ménage, avec pour seul plaisir celui de vivre les deux pieds dans l'eau et d'écrire mon journal on line quand j'en ai envie Sir ? Yes Sir. Musique, musique – pour les intimes –.