64. le grand m., dernier jour

Pour finir, il restait la faramineuse et néanmoins fouineuse, fébrile, formidable et dégoûtante tâche s'il en est de débusquer et de jeter au loin les derniers parasites qui dormaient au fond des placards, les petits corps vivants, agonisants ou déjà squelettiques d'insectes divers dont quelques mouches bleutées, des araignées, fourmis, et des mites que sais-je, et d'autres peu ou non identifiables, aux pattes et aux ailes encore fines, poilues, collantes, et friables, et les petites boules luisantes et oblongues des corps qui s'étaient nichés et accrochés partout et jusque sous les meubles et dans les fentes et les interstices des murs et parquets, à moitié épatés et décarcassés, dans chacun des coins et recoins de la maison il y en avait, et beaucoup sous les abat-jour des lampes parce qu'ils aiment et recherchent la lumière et qu'ils s'y collent pour mourir. Il me fallait les décoller. C'est triste, mais c'est fait.

Je n'ai pas cherché plus loin la phrase de Shandy sur mon Hellébore. Je ne chercherai plus. Peut-être que je trouverai quand je n'y penserai plus. Je continue de lire ce qui me tombe sous la main par hasard et je sais que je serai touchée au coeur invariablement et tout le temps par ce que je ne cherche pas et que pourtant je désire et espère sans jamais le demander. C'est peut-être ça, naître sous une bonne étoile.

J'ai trop de livres, hormis ceux dont j'ai fait la liste dans mes derniers billets. Je n'ai pas le temps d'en faire l'inventaire maintenant. J'aurai besoin d'installer d'autres tablettes pour les ranger. Mais ça, ce n'est pas du grand ménage et donc je considère l'opération grand ménage terminée pour cette année. Ça sent trop bon le lilas et les fleurs de pommiers. Ça sent l'été qui s'en vient, et celui-là je le vivrai dehors.