41. le grand m., jour 4

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Comme hier, je n'ai rien de spécial à noter dans ce journal. Rien que les trivialités d'une vie ordinaire. J'avance à pas de géante [avec mes bottes de sept lieues] dans le grand ménage et j'ai pris congé complet de lectures et d'écritures tant et aussi longtemps que je n'aurai pas fini de nettoyer partout. Chacune des pièces va y passer et je m'amuserai – lire m'imposerai –, bien si je veux de n'écrire que ça.

Ainsi donc, j'ai terminé tout à l'heure le grand nettoyage dedans-dehors et l'incontournable rangement du contenu des armoires blanches de ma chambre. Retrouvé autant de trésors que de babioles pour nourrir la poubelle. Sept gros sacs de vêtements et d'objets encore utiles à donner lors de la prochaine cueillette de la FQ [à moins d'appeler le Chaînon ? j'ai aussi des meubles à donner]. D'autres objets à classer dans des cartons et que mon fils devra venir chercher. J'ai même lavé le plancher [de ma chambre] à grande eau après coup et un coup partie, j'ai fait le même coup à l'interminable escalier qui monte jusqu'à cet appartement que j'appelle une maison.

Mais j'ai un problème sur les bras avec cette chambre : elle est blanche murs et plafond, et je rêve de la voir en couleur. Toute ma vie j'ai dormi dans des chambres blanches, sauf peut-être une ou deux fois et je n'avais pas le choix. Mais quelle couleur choisir, et pourquoi abandonner le blanc, vais-je le regretter amèrement et ne plus pouvoir dormir si les murs sont bleus, jaunes, verts ou rouges ? Je n'arrive pas à choisir entre le bleu ou le vert. J'opterai peut-être pour du rose. Un beau rose American beauty, par exemple. Ce sont les noms des couleurs qui me posent problème, ils sont trop beaux [verre de mousseux, muscat rose, pourpre rupin, via veneto, paysage de venise, rose d'époque, porto blanc glacé, cologne rose, bois de santal rosé, ciel diaphane, ciel brillant, taupe flamand, laurier rose, frangipane,...], trop évocateurs de gourmandises et de pays lointains. J'ai commencé une grosse lessive, des couvertures, des nappes et caetera, et j'ai manqué de détergent qui lave plus blanc que blanc.

Et pour finir je suis sortie faire quelques courses [à manger pour souper] et au retour subitement inspirée par l'extrême saleté des rues de la ville ces temps-ci, j'ai pris une photo de la neige sale en train de fondre sur le balcon d'en avant. Pourquoi cette neige est-elle donc si sale me direz-vous ? C'est à cause de la fenêtre de mon bureau, elle fermait mal, le bois était tout pourri et vers la mi-février, je l'ai fait remplacer par une nouvelle fenêtre qui ne laisse pas passer les grands froids de l'hiver. Et ça a tout sali mais il avait neigé par-dessus et ça ne se voyait plus. On ne peut même plus voir les pas de l'homme qui avait travaillé dehors. J'attendrai que la neige soit fondue et après je pourrai laver et balayer ce balcon où j'aime saluer le soleil du matin en buvant un petit café, avant que tout le monde soit levé. Un peu de saleté, ce n'est pas pour me déplaire. Et ce n'est même pas de la vraie saleté, juste quelques débris de bois et de peinture et un peu de mortier. Et des petites particules noires charriées par le vent, ou qui tombent peut-être du ciel en même temps que la neige ou la pluie.

[n.b.: On peut cliquer sur l'image pour l'agrandir]