285. don qui quoi ?

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Mission accomplie. J'ai gagné. Francité a retiré le site de ... [je l'appelerai x.] qui avait plagié et misérablement copié et dénaturé une vingtaine de pages de mon journal pour y stocker des liens menant vers des commanditaires d'un goût douteux.

Francité, par ce geste, a démontré qu'il ne tolère pas le plagiat. Grand merci à Tony Auclair du bureau chef qui a réglé le problème en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Et puis il m'a écrit ceci :
Bonjour, nous avons détruit ce site.

Quant à monsieur Michel, le représentant de Francité pour le Canada, il ne m'a pas encore répondu. J'imagine que cela ne relevait pas de ses responsabilités, ou qu'il avait d'autres chats à fouetter, ou qu'il n'a pas pris ma plainte au sérieux. Dommage. J'aurais apprécié qu'il m'écrive un petit mot pour m'indiquer où et à qui je devais m'adresser.

Enfin bref, j'ai trouvé toute seule à quelle porte faire toc toc toc et la porte s'est ouverte et les pages du copieur n'existent plus et je pourrais dire que l'histoire est terminée, tout est bien qui finit bien.

Sauf que j'ai bien envie, maintenant qu'ils ont acquiescé à ma demande et détruit le site de x. [une petite partie seulement], bien envie de faire des recherches pour m'assurer qu'ils ont détruit aussi les pages plagiées sur tous les autres sites, et ce jusqu'à la dernière goutte. Vous croyez que je me bats contre des moulins à vent ? Sans doute. Et je vais en rester là.

Dans les prochaines semaines et mois, je me donnerrai encore plus de discipline intérieure et extérieure parce que je disperse encore trop mes énergies. Je m'attarde à flâner au long des rues, sur les sentiers improvisés de l'errance, et j'arrache les ronces et je ramasse les pierres qui dégringolent des murs, les herbes, et les branches mortes, et je n'aurai jamais fini si je n'arrête pas, et je n'aurai pas le temps d'ouvrir le grand sac de cuir usé que porte mon cheval blanc ailé pour y puiser la force de rallumer les braises dormantes et me consacrer à ce qui importe. Et aimer. Je vois un grand nuage de poussière blanche à l'horizon, soulevée par les milliers de sabots usés des cow-boys aux chemises blanchies, le tango, la poésie, le feu de bois qui chauffe l'échine, et j'ai réouvert mes Carnets d'hiver pour y ajouter des pages violettes, et une voix comme un cri murmuré sur du papier. Quand l'hiver que j'attends daignera me faire le cadeau de la neige avec la glace sur les branches nues noircies du vieil érable. Au lieu de ce faux printemps d'automne qui est en train de me virer à l'envers.

Image : Don Quichotte, sur http://www.hoelderlin-ev.de/zeitung01/11_donquichotte.html.