259. cou coupé

mes meilleurs souvenirs de Façalamercity

Je pourrais nommer cette image : mon adieu à la mer, ou encore mon adieu à Façalamercity, mais je n'en ferai rien puisque j'y retournerai bientôt et pour y vivre toujours. Enfin, j'essaierai.

J'espère ne jamais renoncer à ce très fort désir – profondément ressenti – de vivre, toujours bien vivante en chair et en os, pour écrire tout ce que j'ai vu, appris, lu, entendu, découvert, ressenti, et caetera. Ça se peut. Mais j'avoue qu'à ce chapitre, je suis mal partie.

La gorge fait tellement mal, j'en arrive à espérer qu'un bon samaritain passe sur le chemin et coupe ce satané cou qui me fait trop souffrir. Schlack. Un seul coup net avec un grand coutelas, une main au bout d'un poignet fin qui sort des manches d'un barbu enturbanné enveloppé d'une tunique blanche biblique en haut d'une montagne et moi la tête posée sur un bucher à côté d'un agneau de la Nouvelle-Zélande sacrificiel. Ou peut-être une mise en scène tout à fait cérémoniale et digne decorum in : un vrai seppuku du cou [assisté] dans les hauts monts du Japon avec un temple en toile de fond sur un air de circonstance fêlé avec des pétales de cerisiers en fleurs des jeunes filles de Proust à l'ombre en dessous. Dong. Comme ça me ferait du bien. On dit que le ridicule ne tue pas. C'est la plus grosse menterie de tous les temps. Doit être un arracheur de dents qui l'a inventée. Pour m'en sortir et en dernier recours, j'imagine une séance brumeuse, grivoise, et macabre sous la guillotine en robe de reine déchue sorte de corsage en fine dentelle du genre film sur la Révolution.fr [tiens, plus personne en parle de celle-là]. Vous me croirez peut-être en plein délire avec cette histoire de cou, que dis-je, de tête à amputer, et vous aurez encore une fois raison, j'ai sans doute lu trop de livres avec des histoires de gorges tranchées et de cous coupés dedans. L'histoire de cette humanité maudite et néanmoins exaltante en est pleine. Je n'invente rien. Même pas des vérités vraies et des histoires de cancer de la gorge avec des laryngectomies totales, c'est'y assez coupé ça monsieur, ça peut même plus parler. Chirurgie et bistouri. Surveillez les bienfaits des lames de rasoir bien aiguisées filishave rase de plus près. Les barbiers bourreaux remontent dans l'échelle sociale. On te tranche le gosier tout net pour que tu vives morte. Mais c'est peut-être juste des staphylocoques [dorés – s'il-vous-plaît] après tout, avec plein de méchantes bactéries mangeuses de cou dedans. Ça aussi, ça fait mal.

Intéressant : Le staphylocoque est une bactérie sphérique, pathogène et souvent pyogène, se regroupant en grappes, agent de diverses infections [anthrax, furoncles]. Cette fort inspirante définition arrrive à point nommé et colle exactement à celle d'un mot batard et biscornu inventé depuis peu et sur qui tout le monde s'est jeté en s'en gargarisant comme la misère sur le pauvre monde : blogosphère.