255. mises en scène

coquillagesetcailloublanc240904.jpg

Vous m'avez écrit pour demander si c'est moi qui prends ces photos. 

Oui. Qui d'autre pourrait le faire, je suis seule ici. 

Qui d'autre oserait faire clic clic à ma place quand mon regard se noie dans l'insupportable trop beau de cette vie sur la plage. 

Ensuite je prends certaines de ces images et je les mets en ligne. 

Je croyais l'avoir écrit quelque part.

J'avoue aussi que mes photos ne sortent pas toujours de la machine aussi belles que celles imprimées au fond de mon oeil. 

Celles-là, je ne peux pas vous les donner.

plage de gros rochers ronds et noirs, le 24.09.04

Je les préfère plus grandes, plein écran. 

C'est pourquoi je mets une fenêtre pop up si vous cliquez dessus. 

Sans pub. 

À lécher comme des popsicles l'été derrière une vitrine pendant que le jus sucré au bon goüt chimique d'orange crush vous dégouline dans le cou.

Le sol est noir et mou. 

Le sable gris. 

À certains endroits, les pieds enfoncent un peu. 

Et l'eau fait des bulles blanches. 

Confiance absolue.

autres cailloux et coquillages posés sur une grosse roche, le 24.09.04

On parle autour, on dit regarde les petits papillons. 

On dit, viens, viens. 

Lèche ta souffrance et regarde les petits papillons jaunes et noirs. 

Corps sans vie. 

Rigidifié. 

Mortifié. 

Je ronge la mer qui me crie au secours. 

Monstre sans voix ni foi.

 Je détourne le regard vers le seul horizon de mon lit. 

Les pieds dans l'eau salée. 

Toi, tu marches dans la ville. 

Bientôt, je rentre.