140. la face cachée

12 mars 2004_moi

Une fois de plus, je vais m'outiller de patience et tout affronter avec l'espoir. Et discipline. M'ancrer dans le quotidien pour traverser le gouffre. L'impasse. Accepter de haïr comme j'accepte d'aimer.

J'ai recommencé à écrire tôt le matin. Ce matin. Je tente de me réconcilier avec ce journal [encore une fois]. J'ai enfin terminé le rapatriement du « Love and Writing Project ». Il a fallu que je révise page par page. Il reste sans doute encore des liens morts, je ferai une dernière correction ce week-end. Ceci bouclera la boucle : tous mes projets, textes et carnets rasssemblés sur le même serveur. J'ai fait du ménage, un gros ménage. Pas fini. Fin mars, il n'y aura plus rien à mon ancienne adresse [url]. Des mois que je travaille là-dessus.

On m'a posé la question à savoir pourquoi il faut maintenant une mot de passe pour lire le « Journal de Script ». J'écrirai bientôt un mot d'explication. Ces jours-ci, le fait d'avoir à commenter, expliquer, justifier, est tout simplement au-dessus de mes forces. Il me reste très peu d'énergies en réserve pour tout ça, ce qui entoure le fait d'écrire ce journal. Et même pour écrire point. Même plus envie de partir en Crimée. Plus envie d'écrire à Dylan. Je ne caresse plus jamais le chat. Envie de ne plus avoir de chat, d'être tout à fait seule. Avec mes plantes. Le moindre commentaire négatif a le pouvoir de faire voler en éclats le peu qui reste de moi. Je suis peut-être trop fragile. On me dit que cette fragilité ou vulnérabilité ne paraît pas dans le journal. Étonnant. J'ai pourtant l'impression de replonger avec la régularité d'une horloge dans cet état lamentable. Et quand ça m'arrive, je l'écris. Au risque de déplaire. Je n'écris pas pour plaire. Le doute et la peur paralysent. C'est la face cachée. Spleen. C'est là et j'apprends à faire avec. Tout le monde doit vivre ça un jour ou l'autre. C'est pas une maladie. C'est pas de votre faute.