122. huis clos

le baiser

D. est mon ami depuis fort longtemps, des années, et il m'aime. Il m'a souvent consolée de plusieurs peines inconsolables, toujours soutenue, et je crois bien l'avoir toujours aimé sans m'en rendre compte, tant j'étais occupée à vivre à corps perdu la poursuite de mes amoureuses chimères. D. voyage beaucoup pour son travail. Je l'ai donc quitté et retrouvé un nombre incalculable de fois. Depuis son dernier retour, nous sommes plus que proches. De nous deux, il n'est plus le seul à dire je t'aime dans toutes les langues. Mais il va repartir et je sais que je me retrouverai sans doute un peu déstabilisée. Peut-être pas. La vie est un labyrinthe, un grand remou dans quoi il n'est pas toujours facile de se retrouver. Pour tout ce qui concerne nos jours et nos nuits, nos matinées lumineuses, nos conspirations intimes, et nos chevauchées torrides dans la neige, jour après jour et jusqu'à son départ, rien ne peut et ne pourra se vivre autrement qu'à huis clos.