84. nota bene

Un peu de sérieux, madame Strohem. Les dîners et sorties pour fêter votre anniversaire appartenant désormais au passé, vous pouvez commencer à préparer Noël. Et poser quelques décorations dans la maison et dans le journal, préparer des biscuits, des gâteaux aux fruits, des truffes, des panettone, des beignes. Planifier les menus du réveillon et de quelques grands dîners, les entrées, les pâtés, les volailles et les viandes, les fromages, acheter les vins, les alcools, les cadeaux, et tout, et aller chercher le sapin. Poser les ornements dans l'arbre vert. Les guirlandes et les lumières dehors.

Je l'ai déjà dit : jamais un sapin, un vrai [pas une parure en plastique] n'entrera ici avant le 20 ou le 22, voire même le 23 décembre. C'est quoi l'idée de dilapider une fête un mois, ou deux ou trois semaines à l'avance ?

Nota bene : ne vous en faites pas si je n'écris pas tous les jours, ou si quelquefois ça sonne triste ou je sais pas quoi. Je suis juste un peu fatiguée, sans plus. Ceci dit, toute personne a le droit d'être triste ou fatiguée et de l'écrire.

Nota bene [bis] : et j'ajouterai que j'ai le droit de rire de pleurer d'aimer ou de ne pas aimer trop ou pas assez si je veux ou d'avoir une peine d'amour et d'en crever et d'avoir des tas d'amants et d'aimer la ville et la campagne et l'amour jusqu'à plus soif et les feux de bois et la France et l'Italie à la folie et d'écrire des romans et de la poésie et qu'on me fiche la paix. Ceci dit, « mon » D. me manquera toute ma vie. Surtout à Noël. Surtout quand c'est ma fête et que la maison est pleine de monde. Surtout que ça fait mille ans qu'il n'est plus là. Et que je sais depuis toujours que personne ne lui arrivera jamais à la cheville. Mais ça, faut pas le dire à mes amants.