59. o solitude

Mes Carnets d'hiver, je les ai imaginés et rêvés dans le demi-sommeil de l'autre soir. Je leur dois donc la vie, pour la donner, et pour célébrer l'hiver.

À part ce projet, je prépare du nouveau. Quelque chose de bien et de bon pour ce journal. Ça touchera Voyelle et les futurs Carnets d'hiver, bien évidemment, et aussi Les Carnets rouges, ainsi que les autres volumes du journal, et même la Marginalia [Alouette], que j'ai laissés en jachère trop longtemps. Je sais, c'est un peu déraisonnable et fou, mais il fallait que je le fasse. J'en écrirai plus long quand je serai plus avancée.

Aujourd'hui je commence à construire les Carnets d'hiver, un recueil de poésies [en ligne, comme un blog] qui ne sont pas encore écrites, mais qui vivent déjà quelque part en moi et dans la neige et le gîvre. Durée d'écriture, quatre mois : décembre, janvier, février et mars. Nombre de pages : aucune idée. Thèmes en gestation qui émergeront ou pas : la volupté, la mouvance, le bleu, le blanc, le noir et le rouge toujours ; et les voyelles, l'insupportable, encore. L'or, le feu, le temps, l'obscénité, frôler l'abjection, la beauté, et le vide. Et l'hiver, le froid, la neige, la glace, le vent et le gîvre, le bois, l'indien avec ou sans ses plumes, la maison chaude, le vin, des loups, l'amour, la vie, la mort. Ou rien. Ou d'autres, c'est selon.

L'idée n'est pas d'interrompre ce journal ni même de ralentir la fréquence des billets. Bien au contraire, il me faut reprendre le fil et écrire chaque jour. L'écriture a besoin de contraintes autant que de libertés. Le paradoxe est essentiel. J'ai envie de renverser, secouer l'ordre établi. De toute nécessité, tout renverser.

Entendu au matin le bouleversant O Solitude, de Henry Purcell :

O solitude, my sweetest choice !
Places devoted to the night,
Remote from tumult and from noise,
How ye my restless thoughts delight.