nouveau cahier ?

Rien pu faire de valable comme nouvelle forme pour mon nouveau cahier. Même pas trouvé de titre. Je délire avec les Voyelles de Rimbaud. Je disais : Voyelle noire ferait un fort beau titre. À cause de a noir. Sauf que je ne me vois pas comme un a noir. Un a rouge, peut-être. Ou encore blanc. Bleu pâle, très pâle.

Cinq jours plus tard, je n'ai toujours pas de titre. Et le nouveau cahier est gris et blanc, fendu en deux. Je n'écris pas dedans. Plus tard. Je dis plus tard et je reviens ici. En vacances, j'ai pas trop envie de bidouiller. Écrire oui. Remplir des cahiers. Noircir des pages et dessiner des bambous. Et puis revenir ici baigner encore un peu dans le Love & Writing.

Le 9 août, donc. Je vis dans un jardin avec l'envie d'y prendre racine, ne plus bouger autrement que dans les mouvements de ce corps qui ne s'immobilise pas souvent. J'arrose les plantes, les arbres, les murs de vieilles pierres recouverts de vignes vierges. Une table ronde. Personne pour me voir. Je m'expose à la grosse chaleur. Aux rayons dorés du chaud soleil de France. Et après il y a la nausée.

Cette maison où je vis quelques jours me fait du bien. Comme si j'avais déjà vécu mille ans un endroit comme celui-là, mais que ça fait trop logtemps et que j'ai tout oubllié sauf ce sentiment troublant et persistant à l'intérieur, ce lieu étranger et familier, connu de toujours.

Voyelle ne sera peut-être pas le titre. Je n'ai pas de titre. Le cahier sera gris et blanc, fendu en deux. Je prépare doucement le nouveau cahier. Je ne numérote plus mes pages. En attendant c'est au jour le jour. D'abord sur le papier et puis ensuite ici, une réécriture libre.

Écouter Cohen. Ferré. Et puis demain je lirai Rimbaud, Giono, Calaferte et Kafka. Et réfléchir. Me déprendre totalement de x.

Avec elle, faire la sieste, cuisiner, et discuter jusqu'au petit matin à l'aube de l'amour, du corps, de littérature et d'écriture, de tout ce qui est important : la désobéissance, l'insoumission, la liberté, écouter le corps, refuser toute forme de domination et d'oppression. Cultiver l'indifférence, tenter le dessaississsement.

[Page mis en ligne le 14 août 2003, vers 12:51h, heure de Paris.]