248. murmures

Judith est arrivée de sa campagne les bras remplis de fleurs rouges et jaunes, de pots de confiture, plus des herbes et des branches pour le chat. Une incroyable odeur de menthe, de chèvrefeuille, de chocolat, de fromages tendres et d'abricots s'est accrochée aux rideaux.

Les heures de ce jour ont roulé toutes seules et pour finir elles se sont enfilées sur le fil de soie rouge comme des perles. J. est revenu et il a fait du thé. Il avait du tabac parfumé pour fumer la shisha.

J'entends le silence, j'entends votre voix grave douce et rauque comme un air de samba brésilienne chuchotée. Vous seriez mort que je ne le saurais même pas.

La nuit tombe trop vite, elle tangue et se meurt avec vos mots, dans un murmure off qui m'écorche l'oreille. Des mots caresse, des mots secours retrouvés dans la besace qui vous chauffait le ventre.

S'en est suivi le retour au bercail de mon Apache qui chevauche les bras en croix sans sa croix, sur le cheval de ma préférée mère, six pieds sous terre.

Chère vous. Les cuisses ouvertes sur le cheval préféré de ma mère, la belle Nelly de ma préférée mère. Avec des petits fruits rouges, et un nombril qui manque de tout.