206. tendresse, paresse

Envie de ne rien faire, je ne fais rien. Je reste une heure dans la baignoire et après je fais une sieste, les cheveux mouillés enroulés dans une serviette. Je reste longtemps à paresser entre les draps blancs. Je laisse les images se présenter et je rêve que je pars. Et puis je décide que je pars et je me lève, j'arrête au Café et je mange un peu et ensuite je descends jusqu'au feuve large et saupoudré de la neige si fine et puis il y un bateau et sur la berge des gens attendent. Ils portent des vêtements noirs, c'est une petite foule qui attend là. Je trouve un banc et je m'asseois pour lire et réfléchir à cette question de la mémoire. Si je dis que le temps n'existe pas, la mémoire est là et sans elle on avance pas, il n'y a rien devant. Et quand il n'y a rien devant on ne peut plus vivre. Sans mémoire on ne vit pas.

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Depuis le matin j'avais envie d'écrire et rien ne voulait sortir. Ça n'arrive pas souvent. Je me demande ce qui se passe quand les mots ne viennent pas, quand j'attends le bateau avec les gens sur la berge. Je pense à maman. Il ne se passe rien. Il neige. Toute la neige était partie et voilà que ça recommence avec l'hiver au mois d'avril. Et toujours la mémoire se perd rose dans le temps qui n'existe pas.