191. une visite imprévue

...le renard incarne l'intelligence et la ruse, et ceux qui l'arborent sur leur emblême possèdent les mêmes qualités.
(Böckler, Ars Heraldica, 1688)

Un jour j'avais dit stop et il m'avait dit que mon stop impératif était aussi cinglant que la morsure du renard. Voilà que je ne voulais pas mordre et que mon mot avait mordu comme un vilain renard impératif.

J'ai voulu réfléchir à cela hier soir, prendre le temps d'y penser et j'ai fait chauffer un bol de lait et quand le lait a été bien chaud, je l'ai sucré avec de la confiture de roses et j'ai ajouté un peu de cynorrhodon et le lait était tout rose.

Un peu plus tard j'ai entendu des coups toc toc toc à la porte qui donne sur la rue. Qui cela peut-il bien être à cette heure me dis-je, mais il était déjà passé onze heures du soir et j'étais bien installée dans mon lit en train d'écrire une histoire dans mon cahier en buvant le lait chaud à l'églantine. Je fis néanmoins l'effort de me lever et d'aller ouvrir la porte à l'inconnu du soir. C'était toute une surprise.

C'était Charlemagne, le grand frère de ma mère [qui était beaucoup plus jeune qu'elle], bref, c'était mon vieil oncle barbu qui porte un anneau d'or à l'oreille droite et des bottes de cuir rouge, été comme hiver, et qui vient pas souvent me rendre visite. J'ai toujours pensé que dans une autre vie, il avait dü être élevé par une louve ou une renarde. Et en plus, il est roux.

Charlemagne le dix-huitième [c'est le surnom que je lui donne en cachette] arrivait au bon moment. Il s'installa dans le grand fauteuil de la chambre et je repris ma place dans mon lit et il se mit spontanément à m'expliquer toutes sortes de choses que je devais savoir au sujet du renard tout en s'allongeant les jambes pour reposer ses grands pieds sur le bord du lit.

La suite plus tard...