165. psetseninuta

L'amour, qui lui-même fulgure sur le fond de sa perte, est ce qui remet en mouvement l'énergie créatrice, en intensifiant le perçu. Il est ce qui donne son prix à notre passage ici-bas, en posant sur le monde la couleur qui lui permet d'apparaître, en sa plus grande brillance.
[Martine BRODA : l'amour du nom]

Si ce journal porte dans son titre le mot Love, c'est que j'ai formulé à son origine l'hypothèse que l'amour et l'écriture seraient intimement liés. Mais ce n'est peut-être encore qu'une autre de mes hypothèses farfelues. Une lubie ? L'amour serait impossible, l'amour serait inaccessible. Ultime projection du désir.

L'amour est un thème inépuisable, sans limite humaine ou temporelle ; il renaît à jamais... Serait-ce parce qu'il est à l'origine de l'être ? Je ne cherche pas l'amour avec l'homme à tout prix. Ni avec la femme d'ailleurs, mais l'amour est là, partout. Je me sens aimée et surtout j'aime. J'ai souvent envie de partir, de fuir loin de tout cela [et je le fais...], bien loin de tout le brouhaha, pour retrouver ce qui fait l'essence de soi et là, rien que là, commencer à écrire sur la folie d'aimer, l'amour que je vis en rêve ou dans le réel. Ou les deux à la fois.

Ce thème de l'amour dans l'écriture ressemble à l'amour lui-même. Chaque nouvel amour sera toujours le premier. Et le premier acte d'amour nous ne pouvons jamais le retrouver parce que nous y étions à la fois présent et absent. Pascal QUIGNARD : « La vie de chacun d'entre nous n'est pas une tentative d'aimer. Elle en est l'unique essai. » [in Vie secrète] Je veux croire que tout amour est le premier. Le seul.

Et croire aussi que la littérature amoureuse est le secteur le plus vaste de l'histoire de la littérature, le plus difficile, le plus malmené. Et le plus déformé. Mais je peux me tromper.