161. douleur et téléportation

08:06. Réveillée au petit matin par la sinusite. La douleur est trop forte et je n'ai plus rien pour me soigner sauf peut-être un peu d'eucalyptus. J'ai pris un bain bouillant, fait quelques exercices que l'ostéo m'avait prescrit. Ça passe pas. J'irai pas au bureau. Je retourne me coucher.

12:32. Au lieu de partir, la douleur a augmenté, elle a envahi le front, les joues, les yeux, le nez et un peu la nuque, avec de la fièvre. Sans doute, une sinusite aiguë. Pour ça, il me faut des antibiotiques. Pas envie d'aller voir le doc. Pas réussi à dormir parce que ce mal me rend presque borderline à force. Envie d'ouvrir la fenêtre et de crier. Envie de vous voir, venez vite. Je vous en prie. Parlez-moi, caressez-moi de votre silence aimant.

18:11. J'ai dormi tout l'après-midi. Les rêves : un cinéma en plein air, on présente des ombres chinoises et les spectateurs doivent deviner ce qui se cache derrière l'écran géant qui n'est rien d'autre qu'un drap de lin flottant dans le vent ; je marche dans une pièce dont le plancher est recouvert d'une sorte de mousse rose sur laquelle il y a du texte qui s'écrit tout seul, on dirait une imprimante géante et j'essaie de lire, je dis je connais l'auteur mais qui c'est qui écrit par terre, et à chaque mot déchiffré je rebondis, comme en état d'apesanteur ; je parle russe avec un perroquet qui a un dictionnaire sur la tête, il est très patient. Ma tête est remplie de douleurs. Je refuse de prendre des médicaments. Et le bruit sec des touches me fait mal. Nouvel « Édito » sur Les Carnets rouges. Lire.

21.15. Ça va mieux. J'ai presque reçu une bise par téléportation quantique ce soir. La douleur est encore là, un peu moins forte. Je partage votre enthousiasme quand vous déclarez : enfin la caution scientifique et rationnelle [si tant est que la physique quantique le soit] des phénomènes que nous expérimentons au quotidien depuis des millénaires. Enfin le pourquoi de nos états d'âme, de nos dérives et de nos joies. Enfin l'écroulement annoncé des frontières cartésiennes bâties sur la morale et la peur. Enfin la reconnaissance du savoir des aborigènes ou des guérisseurs, par exemple. Personne va me croire si je dis que le jour avant mon Pape, vous tiriez votre Papesse. Quantique, isn't it ? Si.

Dans le Nouvelle du jeudi 6 février, Radio-Canada annonce :

Une équipe helvéto-danoise est parvenue, pour la première fois, à transférer la structure d'un photon sur un autre photon distant de deux kilomètres au moyen d'une téléportation à travers un câble en fibres optiques. Jusqu'à maintenant, les essais de téléportation quantique d'un photon ne dépassaient pas de petites distances d'environ un mètre.

Et dans le Tribune de Genève en ligne, ceci :

En 1958, quand La mouche noire, le film de Kurt Neumann, sort sur les écrans, il consacre un mythe : celui de la téléportation. Aujourd'hui, l'homme en rêve toujours pour déplacer ses meubles, son chat, sa voisine et lui-même. L'expérience récente de physiciens de l'Université de Genève vient réveiller ce fantasme. L'équipe du professeur Gisin a en effet réussi la téléportation quantique [...]

Pour dire amour en Malécite, on dit : psetseninuta [prononcer : tchitchininuta]. En chinois c'est ai. En anglais love. Maintenant, au lit ! Quantique, n'est-il pas ?