109. floooussshes

ym [ym ="young man"] a encore fumé dans le bureau cette nuit. Avant, j'aimais bien l'odeur de cigarette. Mais les relents de ce truc-là, qu'il fume, me gratte la gorge comme une armée de fourmis rouges. Tôt le matin j'ouvre les fenêtres et peu à peu c'est Paris qui me monte à la gorge. Paris me manque. C'est parce qu'il pleut. Une pluie comme ça et la ville se métamorphose. Le temps est gris-blanc, et bien humide, tout pareil, et j'entends les floush floooussshes amortis des pneus sur la chaussée, les klaxons annonçant la course contre la montre du lundi matin, et ça sent l'essence, la terre humide et sale. Je me demande pour la millième fois cette semaine s'il ne vaudrait pas mieux que je déménage à la campagne. Pas de réponse. Et une fois de plus je me sens lâche et surtout coupable & lâche de ne pas avoir touché à Épiphanie depuis vendredi.

Il semble que quelqu'un, une fée ou une déesse [?], a trouvé « mon » kimono de soie bleu pâle très pâle avec des dragons roses brodés sur les seins et dans le dos [pour une description exacte, faut fouiller dans les archives] à Pékin. Je rêve ?