105. prière de ne pas déranger

Voilà que je me retrouve envahie de minuscules fourmis qui mesurent à peine 3 millimètres de longueur. Envahie est un bien grand mot. J'en ai vu quatre rôder par ici.

Mais s'il y en a quatre ou cinq qui sont visibles, je sais qu'il doit y avoir une petite armée planquée quelque part, et j'ai enfin trouvé où : les acharnées marcheuses sortent d'une plante qui a passé l'été dehors et que j'ai rempotée ce matin.

J'ai repris ma lecture du Journal de Kafka, abandonné à la page cinquante l'été dernier. Je ne me souviens plus pourquoi [ou pour qui]. K. me manquait. Pour le lire, lui, j'ai toujours envie comme quand j'avais quinze ans d'accrocher sur mon front ces petits cartons que l'on place aux portes des chambres d'hôtel : Prière de ne pas déranger.

Et mes fourmis ? Pas grave. La plante aux fourmis est un pamplemoussier que j'ai fait pousser à partir du noyau d'un fruit dégusté il y a quelques années, abondamment recouvert de sucre granulé blanc, qui était très bon, merci, et qui mesure maintenant 90 centimètres de hauteur [pas le fruit, la plante]. Je mesure la progression de mon oeuvre régulièrement en faisant des marques sur le mur.

Elle n'a pas l'air trop malade, mais qui sait, je ferais bien de la nettoyer de ces petites bestioles qui servent pas à grand chose dans une maison. Allez hop sous la douche savonneuse les fourmis.