51. la carte du parti

coquillettidia perturbans

Quel beau maringouin : le coquillettidia perturbans. Oui, oui, ma coquillette, tu peux toujours rêver du jour où un savant fou va t'insérer une puce qui te permettra de ne piquer que les imbéciles, les gros cons, les pédophiles, les batteurs de femmes et d'enfants, les brutes et les sales types. Oups, désolée pour les pléonasmes. C'était une blague. Et qui n'est pas de moi en plus. J'ai encore lu Grosse fatigue et son histoire du « moustique anti-cons », je l'ai trouvée sublime. J'ai joué un peu avec l'idée en l'adaptant au contexte nord-américain. Sans perdre de vue qu'on est tous l'imbécile de quelqu'un. Pauvres moustiques.

Plus sérieusement, c'est ce petit moustique qui est infecté par le Virus du Nil Occidental et qui fait peur en ce moment à plein de gens qui ont la phobie des bébêtes. Avec Rosa hier soir, on a trouvé plusieurs sites intéressants sur le coquillettidia perturbans, dont :

La page de Wayne J. Crans, du New-Jersey, et son article [http://www.sove.org/june2001/bosak.pdf] qui traite de la question ;

...la page du Notheastern mosquito control association [nmca.org], par Peter J. Bosak, au Nouveau-Brunswick ;

et puis il y a cet article dans Le Soleil, qui parle aussi de la dengue, en plus du VNO... L'histoire est à suivre.

Moi, je trouve cela étrange. Les moustiques piquent les oiseaux. Et les oiseaux meurent. Ils piquent aussi les chevaux et les humains qui, eux, attrapent une sorte de rhume, certains font une encéphalite, mais tous n'en meurent pas. Pourquoi ? Développerions-nous une tolérance à la piqûre des moustiques ?

J'imagine que oui. C'est comme avec les gens finalement. Les crétins qui débitent des imbécillités sur leurs voisins à chaque trois phrases, à un moment donné on ne les entend plus. Les propos bêtes et insignifiants n'ont de prise sur rien. Ils ne signent que l'impuissance à parler intelligemment et les yeux dans les yeux, en face. Les propos bêtes et méchants se plantent dans le dos des gens. Comme un couteau. C'est bas et lâche. Et vient un jour où plus personne ne s'intéresse aux imbéciles. Ils sombrent dans l'oubli général. Mais plus on les oublie, plus ils cherchent à attirer l'attention. Logique. Ils veulent passer à l'Histoire, quitte à faire la une des petits journaux à potins.

...une sorte de rage dont l'origine est étrangère à l'ivresse oblige à continuer. Cette fureur, si bizarre que cela puisse paraître pourrait s'appeler orgueil : orgueil de clamer que, envers et contre tout, on avait raison de boire et raison de se tromper. Persister dans l'erreur ou dans l'alcool prend alors une valeur d'argument, de défi à la logique : si je m'obstine, c'est donc que j'ai raison, quoi que l'on puisse penser. Et je m'obstinerai jusqu'à ce que les éléments me donnent raison - je deviendrai alcoolique, j'achèterai la carte du parti de mon erreur, en attendant que je roule sous la table ou que l'on se fiche de moi, avec le vague espoir agressif d'être la risée du monde entier, persuadée que dans dix ans, dans dix siècles, le temps, l'Histoire ou la Légende finiront par me donner raison, ce qui n'aura d'ailleurs plus aucun sens, puisque le temps cautionne tout, puisque chaque erreur et chaque vice aura son âge d'or, puisque se tromper est toujours une question d'époque.

Cette citation est tirée, comme celle d'hier, du Sabotage amoureux, dévoré une deuxième fois cette nuit.