49. lanterna magica

lanternes chinoises

Le coucher de soleil de ce soir fut magnifique. Décrire les couleurs du ciel, je n'ai pas de mots pour ça. C'est inutile. Parce que ce sont les couleurs avec lesquelles je vis et qui colorent l'intérieur de la maison, le soir. Des couleurs si chaudes qui font que tout d'un coup j'ai l'impression d'habiter dans une lanterne chinoise, ou encore à l'intérieur d'une lanterna magica qui tourne tout doucement en projetant ses ombres sur le mur.

Les lanternes chinoises, ce sont ces petites [ou grosses] lampes en papier de couleurs vives que l'on retrouve suspendues un peu partout dans le quartier chinois lors de la Fête des lanternes.

Au Jardin Botanique, elles arrivent en septembre, à chaque année. On les fabrique à la main, à Shangaï, avec de la soie, spécialement pour la Magie des lanternes du Jardin de Chine.

On peut aussi en trouver dans certaines boutiques [pas cher, mais pas en soie] pour décorer son jardin quand on fait des garden parties le soir. Elles ont plusieurs formes : carrées, cylidriques, rondes, en dragons, en papillons, en poissons ou en libellules.

J'en ai trouvées dans une boutique de la rue Bernard : des lanternes chinoises magnifiquement quétaines, hyper kitch [a-do-ra-bles], et pourtant montées sur des armatures en bois de rose. Elles sont fabriquées avec du papier de riz et décorées de superbes dessins tracés à l'encre de Chine rouge, ou bleue, ou avec de la peinture dorée.

Ce matin, je l'ai fait.

Ce matin je me suis levée très tôt. Après la douche, j'ai aspergé mes épaules et mon cou avec cette eau de parfum à l'églantine qui me donne toujours envie de déguster un sorbet glacé aux fraises. Et puis je suis sortie marcher dans la belle chaleur de l'été pour aller boire un petit espresso debout au comptoir du café Souvenir, et ensuite je suis entrée sans faire de bruit dans cette boutique. J'ai fait le tour en regardant au plafond deux ou trois fois et après j'ai choisi la plus belle de toutes les lanternes chinoises pour éclairer ma terrasse en jasant de tout et de rien avec la vendeuse.

Je suis rentrée chez-moi le nez dans le nuage d'ozone, rapportant le précieux paquet, en songeant à l'arrivée du bel oiseau bleu [et de sa rouge-gorge] qui viendront s'installer, en septembre, dans ma maison d'oiseaux.

Ainsi, leurs soirées et leurs nuits, éclairées par la belle lanterne chinoise, auront les couleurs de mon coucher de soleil.