Premier mot dans mon Glossaire des « violets » : LILAS.

Pour continuer avec l'histoire de mon premier violet commencée avant-hier en fin de page, j'ajouterai encore quelques mots avant de passer au pourpre ou à l'améthyste.

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LILAS : [s. masc. et adj. invariable] Couleur bleue mêlée de rouge qui est le plus ordinairement celle des fleurs du lilas. Difficile de voir la couleur sans aussitôt se remémorer l'odeur entêtante et séduisante de la fleur. Un parfum que j'adore et que j'aime respirer à profusion au printemps. Quand les lilas fleurissent, c'est le temps de planter les patates disaient les vieux. Et ça marche [j'ai essayé]. 

Le lilas commun favori de nos grands-mères, le Syringa vulgaris, est originaire du sud-est de l’Europe. C'est Ogier Ghislain de Busbecq, ambassadeur d’Autriche à Constantinople (Istanbul), qui l'introduisit en Europe centrale vers 1563. 

Les formes aux fleurs simples violettes ou blanches si étroitement liées au paysage rural [et même urbain] québécois furent introduites en Amérique du Nord par les premiers immigrants européens. 

Le lilas ou Syringa est un arbuste de la famille des oléacées, présentant au printemps de jolies grappes de fleurs parfumées ; peu exigeant, il est remarquable pour sa vigueur et sa longévité. Il convient à l'aménagement des grands comme des petits jardins. 

De plus, les nombreux cultivars permettent d’échelonner les périodes de floraison. La famille botanique des oléacées comprend des plantes d'une grande importance agricole, sylvicole et horticole, tels l'olivier, le frêne, le forsythia et le jasmin. 

On compte une vingtaine d’espèces naturelles et hybrides de Syringa [ne pas confondre avec le seringat, nom commun du Philadelphus]. Les espèces naturelles proviennent en majeure partie du sud-est de l'Europe et de l’est de l'Asie, plus particulièrement de la Chine. 

Arbuste de taille variable selon l'espèce, le lilas présente une gamme nuancée de teintes au chapitre des fleurs : mauve pâle, lavande rose, rose pâle, blanc, etc. 

La couleur lilas est en fin de compte la couleur mauve tirant sur le rose ou le bleu : « Une grande clarté rose [...] tournant au lilas tendre » [Zola].

J'ai souvent lu ou entendu dire que la grande Élizabeth Taylor [1932 - 2011] avait les yeux lilas. Vérité vraie ou légende hollywoodienne ? J'ai beau regarder ses photos, abondantes sur le web, je vois du bleu, tirant vers le violet mauve, il est vrai. Des yeux magnifiques.

La semaine dernière, j'ai bien aimé lire l'arrivée « lilas » éblouissante de Ti-Lou au mariage de Nana : « Tout dans sa toilette, sa robe, dentelle et soie, son chapeau extravagant garni de longues plumes de paon, ses bijoux qui brillent au soleil, ses souliers à hauts talons – une nouveauté – et jusqu'à son fard à paupières, absolument tout est lilas. » [Michel Tremblay : La grande mêlée, 2011].

Et pour les bidouilleurs, les codes à mettre dans vos pages pour avoir du lilas sont : rgb(182, 102, 210); ou #b666d2;

Je me souviens d'un conte, lu il y a fort longtemps. Il y avait une immense forêt de lilas. Et une biche je crois [Beauminon ?] et certainement une princesse ou une pauvresse. Je n'arrive pas à me souvenir du reste. Je sens que je vais ressortir mes Contes de Grimm et ceux de Perrault aujourd'hui.

[bon, je vais laisser de côté cette page lilas de mon dimanche lilas du 15 janvier 2012, page qui n'est pas terminée, hé hé, et je vais aller me préparer un bon café au lait, je reviendrai «coller» ici ce que j'aurai butiné toute la journée, au fur et à mesure de mes trouvailles... en espérant que la récolte soit bonne !]

En attendant, je vous laisse avec Alexis Weissenberg [26 juillet 1929 - 8 janvier 2012] et son époustouflante prestation de Petrouchka [Stravinski] en 1964. Ça, c'est du violet.

Diariste au rapport à 15h45, chef : J'ai parcouru rapidement, entre trois séances de lessives et d'épinglages de linge sur les petites cordes de mon séchoir pliant, les contes de Grimm, de Perrault et même ceux d'Andersen et je n'ai rien trouvé. Normal, me dis-je. C'était une erreur de chercher de ce côté-là, puisque ces contes ont pour la plupart été transmis par tradition orale et que plusieurs sont d'auteur inconnu, et d'une époque où le lilas n'avait pas encore été transplanté en Europe. J'avais juste pas réfléchi. Mais je n'étais pas loin du sujet avec Beauminon. Ma mémoire est tout de même assez fidèle. Bon ok, Beau-Minon n'est pas une biche blanche mais un chat blanc dans l'histoire, mais il y avait bel et bien une biche. Et ce conte de la forêt de lilas existe bel et bien. J'ai tapé « conte avec biche et forêt de lilas » dans g..g.. et il était là, recopié au grand complet dans le site internet [Biblisem]. Le titre : Histoire de Blondine, de Bonne-Biche et de Beau-Minon. L'auteur ? [arf] La comtesse de SÉGUR ! Comme quoi mes lectures d'enfance ont laissé quelques unes de leurs traces lilas dans mes souvenirs épars [et tout mélangés].

Avant de finir la page, voici une gracieuseté de ma complice violette [cf., son commentaire], l'histoire de Blondine dans la forêt des lilas :

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Références : Les dictionnaires Quillet, Petit Robert et Littré, le site web du jardin botanique de Montréal, Wikipedia [photo], et le roman intercalaire de Michel Tremblay cité dans le texte.