journal * et autres écritures

...est le journal d'annie strohem [volume 9] : pour le regard ailleurs, l'art [pas chaste], les images, les lettres, le quotidien, le temps, la mémoire, la lecture, lire. écrire, danser, créer, le silence, le fleuve, dessiner, mon île, dormir. et les choses retrouvées dans la lune

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

12 mars : moi

139. se cache

Je navigue dans des courants plutôt tristes. J'oscille entre colère et nostalgie. Hier soir j'ai passé une partie de la nuit à regarder une collection de films en noir et blanc, surtout des vieux spectacles de Juliette...

Lire la suite

Goupil : du bas latin vulpeculus, diminutif de vulpes, autrefois nom commun pour désigner l'animal

192. goupil

Charlemagne [le dix-huitième] m'expliqua que le renard, autrefois appelé « goupil », est vite devenu le symbole de la ruse et de l'astuce perfide. Si vous dites astuce je veux bien, mais je ne suis pas d'accord avec...

Lire la suite

59. si vous voyez des erreurs de calcul, vous pouvez les corriger

Je m'en souviens très bien, et puis c'est vrai parce que c'est écrit noir sur blanc à la page 32 du Journal de Script : en 1582, l'équinoxe de printemps tombait le 11 mars, en avance de dix jours sur la date théorique du...

Lire la suite

chouette

25. et la chouette

Hier, soirée littéraire chez Olivieri, puis dîner avec des amis dans un petit restaurant italien que je ne nommerai pas. Et pour finir, un saut dans le Vieux Montréal pour écouter du Blues jusqu'aux petites heures du...

Lire la suite

1 2 3 4

84. aria

Pour le mot du jour, un premier argument : je dois tomber dessus par hasard. Ou l'inverse : il doit impérativement me tomber dessus par hasard et, deuxième argument : réussir à m'intéresser.

Comment je l'ai découvert, celui d'aujourd'hui ? En fouillant dans mes notes de cours [bac ou maîtrise en création littéraire à l'UQAM, sont toutes mélangées], un petit papier carré rose foncé avec le mot et ses différentes définitions notés dessus est tombé par terre, juste devant mes pieds. J'ai lu « ARIA, n. m. (Québec)... ». Par ici, chéri !

Pourquoi je fouillais dans ces vieux papiers ? Pour tout vous dire, c'est en mangeant mes toasts au beurre de peanut - bananes tranchées en garniture -, que tout a commencé. J'échafaudais mentalement, comme je le fais souvent sans que cela ne mène nulle part, le début d'une page de journal portant sur quelques états d'âme tourmentés et, j'ose le mot, quasiment dépressifs qui pourrissent mes jours et mes nuits ces derniers temps. Oui, mais quel rapport avec tes notes de cours, me direz-vous ? Patience, j'y arrive bientôt. J'ai pas vraiment envie de faire une introduction de trois pages pour une définition de trois lignes.

J'aborde un sujet délicat, difficile. Il se trouve que, si je m'autorisais à révéler l'ampleur de mes noirceurs, je devrais en même temps répondre à un deuxième pourquoi. 

Pourquoi me retrouve-je dans cet aria, à plat et abattue ? Je ne répondrai pas à cette question aujourd'hui, puisqu'il me faut faire de la place au mot du jour. 

Ainsi, je réfléchissais et j'avais pu établir un lien entre mon « état » actuel et l'écriture. J'avais à l'esprit, et envie de les relire, les notes du cours « Aspects et problèmes de la création littéraire ». C'était là. Dans ce cours, le prof. [le plus que lumineux René Lapierre] proposait une réflexion sur les conditions du travail créateur, les enjeux et exigences de l'écriture. Et l'objet de ma recherche matinale venait précisément d'une partie de l'introduction théorique de ce cours, les cinq phases du travail créateur [Didier Anzieu : Le corps de l'oeuvre] :

  1. Éprouver un état de saisissement
  2. Découvrir un représentant psychique
  3. Trouver le code organisateur de l'oeuvre et lui faire prendre forme dans un matériau
  4. Agencer les différents matériaux : la composition
  5. Présenter l'oeuvre, la produire au dehors

Je suis très tentée de copier mes notes pour expliquer chacune des phases. Je passe mon tour, ça serait trop long. Je vous laisse saliver de loin [quoique, si quelqu'un m'écrit pour le demander, je les écrirai avec grand plaisir].

Un ange passe. 

Pour faire court, disons que, sans considérer la théorie d'Anzieu comme une loi de la nature, biblique et bénite, je la trouve fort intéressante puisque je traverse l'une de ces étapes, peut-être la plus éprouvante, celle qui dérange plus que les autres, celle qui soulève des résistances plus farouches encore. Celle qui demande séparation, rupture et encore rupture. Je laisse volontairement planer le mystère et deviner laquelle. Et mon aria dans tout ça ?

L'aria, au masculin, c'est [je recopie ici mes notes du petit papier rose foncé] :

  1. le bruit, les mouvements désordonnés, comme quand on dit : « Quel aria, on s'entend même plus parler ! » Au sens figuré l'aria est une situation embrouillée.
  2. une complication, une contrariété, une entreprise difficile, comme dans : « C'est tout un aria pour se chercher un emploi éditeur ! »
  3. un ensemble d'objets que l'on transporte avec soi, tout son barda, son attirail.
  4. une personne pénible, peu intéressante.

L'aria, au féminin, c'est beaucoup plus joli. Je l'avais écrit au verso du carré rose :

  • Une aria c'est un air, une mélodie, accompagné par quelques instruments ou un seul.
  • Une aria de Bach.
  • Des arias de Bach.

[honte sur moi, comme disent les anglais, j'avais même pas noté dans quel dictionnaire j'ai pris ça]