Je suis contente de ma journée d’hier et de ma visite à la bibliothèque [banq]. J’ai pu emprunter deux éditions des Études d’esthétique médiévale, celle de 1946 [en trois volumes] et une plus récente en deux volumes [Albin Michel, 1998] dans l’espoir de les comparer et de trouver de vieilles illustrations dans la première édition [et aussi, pour l'odeur des vieilles pages].

Je n’ai encore rien trouvé de violet dans ces livres. Faut dire que je n’ai lu que l’Index et la volumineuse Table des matières ; et butiné comme d’habitude en dehors de mon sujet, notamment dans les chapitres qui traitent de la littérature et de l’allégorisme dans la création littéraire.

Ce matin, j’ai regardé la définition du violet dans le Nouveau Petit Robert [2007]. Sensiblement la même chose que Littré, mais plein de violets, alors je recopie tout : « Violet, ette. Adj., et n. m. – 1200 ; de violette. - 1. D’une couleur qui s’obtient par le mélange du bleu et du rouge. Iris violet. Vapeurs violetttes de l’iode. Encre violette. Camail violet d’un évêque. « Un ruban violet d’officier d’Académie » Courteline. – Par ext. Se dit de la couleur que donne à la peau un afflux de sang provoqué par l’émotion, la peur, le froid, les coups. ➤ violacé. « Sur les côtés, de minces zébrures violettes descendaient jusqu’aux cuisses » Zola. Marque violette sur la peau. ➤ Bleu. Devenir violet de colère. - 2. n.m. Couleur violette ; Phys. Extrémité du spectre visible de la lumière blanche, l’autre extrémité étant le rouge. Violet pâle. ➤ lilas, mauve, parme. Bleu-violet. Rouge tirant sur le violet.pourpre, violine, zinzolin. Violet foncéaubergine, lie [de vin], prune. « Des montagnes d’un violet noir » Mac Orlan. Pierre violetteaméthyste. Radiations au-delà du violet. ➤ ultraviolet. - (1904) Ascidie comestible de la Méditerranée, appelée aussi figue de la mer en raison de sa forme et de sa couleur violette. »

J'estime avoir fait là une belle pêche, considérant que Littré ne m'avait fourni que trois violets. Je me retrouve aujourd'hui avec huit de plus :

  1. lilas
  2. pourpre noir
  3. améthyste
  4. mauve
  5. parme
  6. pourpre
  7. violine
  8. zinzolin
  9. aubergine
  10. lie de vin
  11. prune

J'en ferai bon usage de mes onze premiers violets, point de départ à l'établissement du Glossaire. Je ne sais pas si on peut considérer ultraviolet comme un nom de couleur, alors je reporte la question à plus tard.

Fin d'après midi. La neige tombe lentement, abondamment. Je note des passages fabuleux sur la couleur au Moyen-Âge dans le De Bruyne. Que je recopierai probablement en tout ou en partie pour les intégrer au préambule du Glossaire des « violets ». Sans oublier ceci, extrait du livre Le blason des couleurs [1860 : Sicille, publié et annoté par Hippolyte Cocheris, numérisé sur Google Books] : « La couleur violette est engendrée en matiere où l’eaue et la terre ont la seigneurie et est moyenne entre rouge et bleu, et aussi est engendrée en choses qui ont grosses humeurs, si comme appert ès violetes qui sont de la couleur. Ceste couleur est signe de froidure, et représente mélencolie. Elle signifie amytié, loyaulté, nul reproche, recongnoissance et doulceur; et selon aulcuns, trahyson, mais c’est faulceté; avec le tanné, c’est amour non permanente. De ceste cy on porte les beaulx draps, qui sont fort requis. » *

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* Note du lendemain : Ne pas s'inquiéter pour ma santé. Je n'ai pas fait de fautes de frappe en recopiant le bout de texte extrait du Blason des couleurs, livre qui fut très célèbre au XVe siècle. Aurais-je dû en faire la traduction ? C'aurait été une bonne idée, mais comme je ne suis pas spécialiste en français médiéval, je me contenterai de ce texte-là. Que je comprends intuitivement, pour l'essentiel. Je laisse chacun l'aborder avec son propre bagage de connaissances des langues et du monde. N'est-ce pas ainsi que nous procédons avec toute lecture ?