19. ah, noël

Je ne fais pas beaucoup de photos ces temps-ci, parce que pas envie ; trop occupée à faire des listes, à rêver en noir et blanc, en couleurs, à imaginer ma future maison pour vivre heureuse et créer – écrire, peindre, dessiner, danser, chanter et... photographier – écouter de l'opéra et des chorales médiévales à tue-tête ; des grands murs blancs pour exposer les images – célébrer la beauté, l'art, la vie, la la la ; une longue table ovale comme bureau et pour manger à plusieurs, des tapis, un plancher en bois verni qui craque ; une seule et immense pièce avec des plafonds très hauts et blancs, des lustres baroques, des étagères reliées par des échelles, plein d'espaces pour les livres ; des fenêtres ouvertes et un feu de bois dedans dehors, une galerie avec des chaises berçantes, une mini cuisine [mais fonctionnelle], une chambre froide, un lit de plumes dans un coin, une baignoire à pattes [de l'eau chaude], un atelier pour laver et ranger la guénille ; si à la campagne : une rivière et un petit jardin pour les fleurs et les légumes, si à la ville : un loft en hauteur avec vue sur le fleuve ou la montagne.

Non, je ne crois pas au père naouelle. Oui, mon deuil se fait, mine de rien. Serai-je bientôt prête à partir du kamouraska et me rapprocher de montréal ? Si je reste, au printemps, je vais repeindre tout le bas de la maison en blanc et installer de nouveaux stores modernes avec des voilages blancs pour voler au vent. Je changerai la porte avant par une porte française et confectionnerai des housses blanches pour les chaises et les fauteuils. Si je reste ? Je devrais trouver le courage de mettre une affiche à vendre. Mais quelque chose me retient. Quoi ?

Oui, j'avoue, je dois faire une overdose de mauvais christmas movies américains mal traduits, réchauffés par la télé. Hier soir, le pire : Affreux Noël. Le scénario ? Voici. Se retrouvant seul à Noël, un riche publicitaire offre un quart de million de dollars à la famille qui vit dans la maison de son enfance pour qu'elle passe les fêtes avec lui. Pourri. Le pire navet. Mais j'ai néanmoins regardé jusqu'au bout, versé presque le quart d'une larme sur le dénouement. 

Décidément, dans l'art de perdre mon temps, je bats tous les records. 

Demain : habiller mon mobile moche avec des naouelleries quétaines.

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