Ces jours-ci, je passe presque tout mon temps dehors. Et je lis. Cinq beaux et bons jours de congé d'affilée, ô jouissances. J'ai entrepris la plantation d'une haie de saules pourpres. Nom latin : Salix purpurera "Nana". En anglais, ce sont des Dwarf Arctic willow ou encore Dwarf purple osier. Finalement j'ai découvert que ces petits arbustes fournissent l'osier, pour faire des paniers, yep. Avant de les acheter, je l'ignorais. En fait, j'ignorais tout de cette plante. Je l'ai choisie parce que je la trouvais jolie [même si elle n'a pas encore de feuilles]. J'ai trouvé une image de ce que je pourrai admirer dans quelques mois, sur Bluestem.ca. J'avais calculé que j'en aurais assez de neuf plants, erreur. Une fois sur le terrain, ligne tirée, mesures prises, il a fallu que je retourne en chercher douze autres. À l'heure où j'écris ces mots, j'en ai trois de plantés. C'est dur. J'ai mal au dos et le dessous des ongles pleins de terre [excitée comme une puce, j'ai oublié de mettre des gants]. Il faut d'abord creuser faire un trou plus profond que la motte des racines. Et cette terre est argileuse, rougeâtre, compactée et pleine de cailloux. J'ai trouvé un curieux bout de métal rouillé. Penser à le prendre en photo pour ici. Bref, une fois la terre trouée, j'y verse une poignée de poudre d'os et du terreau spécial transplanteur [mélange de compost, de terre noire et de mousse de sphaigne], ensuite un seau d'eau. Je dépose l'arbuste et je remplis de terreau mélangé avec de la terre et encore un peu de poudre d'os. J'arrose encore et puis c'est tout. Rien de sorcier dans les plantations.

J'aurai aussi à planter six framboisiers et huit petits arbres que la municipalité donne une fois par année. Normalement, on ne peut en recevoir plus de cinq, mais comme je suis arrivée à la fermeture, ils ont failli me donner tout ce qui restait. J'ai donc reçu cinq bouleaux jaunes et trois épinettes. Je vais les placer en rond avec les framboisiers car je rêve depuis fort longtemps d'avoir une clairière à moi pour m'asseoir, méditer, lire ou ne rien faire du tout debout au milieu d'une clairière.

Un des érables est en fleurs, de minuscules fleurs jaunes en bouquets. Difficile d'imaginer fleurs plus coquettes et volatiles. Une fois que cet arbre, le seul qui donne de l'ombre sur la terrasse, aura fini de fleurir, il pourra feuillir. Feuillir ? le verbe feuillir existe-t-il ? Pas le temps de chercher. Je l'ai pensé, écrit, je le garde. Penser à l'ajouter à mon lexique.

Ça me fait penser que l'autre jour un monsieur [ou peut-être une madame, sauf que le pseudo sonnait masculin] m'a écrit pour me remercier pour le verbe brumer. Cette personne m'a écrit avoir découvert mon lexique et aimé ma définition de brumer, l'a mis sur son blog. Ça m'a fait tout drôle. Et fait du bien, et grand plaisir. Enfin, tout de même pas jusqu'à l'orgasme, mais assez pour rougir un peu. Je n'ai même pas encore mis de lien vers mon lexique dans ce huitième cahier. Cette manie aussi de déménager mon journal dans un nouveau cahier tous les ans...

J'ignorais aussi que cet arbre fleurit avant d'avoir des feuilles. Avant de feuillir, donc. Comment comprendre quelque chose à la vie, au monde, aux êtres humains et tout le reste si je n'en sais pas plus long sur les arbres et les fleurs ? Et comment trouver de curieux objets, des objets enfouis qui me font rêver, leur chercher un sens, une utilité, et m'interroger sur la vie des êtres ayant habité cette maison avant moi si je ne creuse jamais la terre ?

Voici l'objet trouvé que j'avais nommé « objet X », avant de le laver.

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Je l'ai lavé, il y a une ouverture à chaque bout. C'est très rouillé. Fragile. La photo de l'objet X, nettoyé, est floue. Je devrai en faire une autre.