59. lire, décoller

Je voulais me réfugier dans les vieux livres jaunis. Voilà une partie de la chose faite. J'ai maintenant une carte Biblio en noir et blanc et en plastique et deux livres à rapporter le 18 avril ou dès que je les aurai lus. Je me suis inscrite hier après-midi à la bibliothèque la plus proche, qui fait partie du réseau des bibliothèques publiques du Bas-Saint-Laurent, où j'ai pu bouquiner un peu mais pour ma première visite de repérage, je ne suis pas restée très longtemps, j'ai rempli le formulaire d'inscription, trouvé mon chemin dans les rayons, déniché les livres que je voulais assez vite et puis je suis partie.

Il n'y a qu'une seule grande table à l'entrée et aucune espèce de règle de silence, les livres ne sont pas consultés ou lus sur place, sauf dans les coins des enfants qui avaient l'air très invitants. Il y avait des conversations entre les quatre personnes à l'accueil qui avaient l'air de bien s'amuser, des gens qui cherchaient des livres sur les rayons et ceux assis à la table qui se racontaient je sais pas quoi, j'ai pas écouté.

L'endroit m'a paru petit mais sympathique, un peu chaotique en apparence et donc très vivant et ça m'a plu. Il y a plein de documents, de monographies et des encyclopédies, des dictionnaires, tout ça. Juste un peu déçue de ne pas avoir trouvé un vaste endroit tranquille pour aller lire ou écrire des fois, mais c'est pas grave, j'irai au bord du fleuve, je ne vais tout de même pas me mettre à chipoter parce que les gens parlent dans cette bibliothèque, vu que je l'ai toujours fait [en catimini], les bibliothèque trop silencieuses m'ont toujours donné des envies de fous rires insupportables sauf quand j'ai besoin de silence pour travailler. Il y avait une question pour demander si on accepterait de faire du bénévolat, j'ai coché oui. On verra bien s'ils m'appellent, vu qu'ils posent la question à tout le monde. Mais sur le coup, je ne me voyais pas dire non, juste un pourquoi pas, même si je n'ai pas envie de travailler pour vrai, je ne refuserais jamais d'aller donner un coup de main pour ranger les livres ou passer le plumeau si on a besoin.

Ils prêtent des tas de choses, des video, des cd, des revues, des audiocassettes et même des oeuvres d'art, et bien évidemment des livres, mais jamais plus que deux à la fois. Deux ? C'est rude. Mais je suis rusée. Pour ma première provision de lecture, j'ai emprunté un gros livre qui regroupe les sept meilleurs romans de Moravia. Et un recueil de poésies de Gérald Godin : Ils ne demandaient qu'à brûler [1960-1986]. Ils ont peu de poésie, en fait presque pas, en tout une vingtaine de recueils presque tous déjà lus ou que j'ai dans ma bibliothèque. Mais on peut commander ce qu'on veut. Donc aujourd'hui j'ai lu, je lis et lirai, de Alberto Moravia : Agostino [lu], Les Indifférents [à moitié lu], Le Mépris [déjà lu avant, j'ai le livre en format poche], L'Ennui, L'Amour conjugal, L'Homme qui regarde, La Femme léopard. Tout cela dans un seul livre, plus de 1147 pages en papier bible avec une bibliographie et une courte chronologie à la fin, et des introductions fort bien tournées par Gilles de Van. Ces romans ont été publiés entre 1929 et 1991.

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