17. le bon côté des choses [suite]

2005.01.08_fleuvedeglace

J'ai enfin réussi à me remettre au travail. Le journal se ressentira peut-être un peu de mon nouvel état fragmenté, tourné vers l'intérieur et à la fois buvant le monde et ses tragiques souffrances et beautés à grandes gorgées, en la plus que jamais fragile possession de mes forces vives. Discipline. Il le faut, si je veux mener à son terme le roman en chantier. Discipline et répartition des tâches : Script s'occupe de ces pages-ci, pour que le journal survive envers et avec tout. Lady A. fait le ménage et me cuisine de bons petits plats, et lave la vaisselle, je la laisse me surveiller pour pas que je boive trop de vin rouge, ce qui ne me fait pas de bien et embrouille les neurones. Érika insiste pour que je l'accompagne marcher dehors et je sors avec elle et Théo, je vais au Café, dîner chez mes amis italiens rue Saint-Laurent. Et ainsi plusieurs heures par jour je peux écrire en paix, entourée d'amour et à l'abri des vents contraires. Recopié grâce aux bons soins de Script, de Gilbert Langevin, l'insupportable beauté mélancolique d'un poème intitulé Miron :

un ouragan de sanglots

puis l'accalmie des rires

ration de désespoir

neige grise à manger

dans la fosse nocturne

un étendard une femme

Miron tend la main

il lance sa voix-roche

en la flaque aux poèmes

la ville ulule plaintes

minuit aboie ses plaies

Miron revend son coeur

pour la centième fois

de porte en porte

et c'est à qui l'aura

[Extrait de Poèmes-effigies]

Haut de page