9. au matin, le calme

Extrait de Gilbert Langevin : Stress, V111 :

Je suis un produit de votre fiasco
une page brûlée de votre intimité

j'ai du néant dans le sang
et le futur noyé au préalable

Je me fais crieur assez souvent
pour une clef qui brille
mais ne peux oublier que je représente
l'écho d'un rendez-vous qui tourna mal

neigeuse sur le rose du soir, le 16.12.2004

Elle dort beaucoup, tout un week-end. Elle dort, étonnée de la brillance dans les regards et les chats, elle dort couchée le dos sur des rails avec le train qui passe dans un songe bleu nuit. Au matin le train ne passe plus.

Quelques jours seulement et les choses sont redevenues à peu près normales. Le calme au fond des eaux houleuses et grises. La femme avait crié. Les gens chantent partout, ils chantent et allument des petites lumières multicolores sur les maisons et le fleuve est devenu une clarté de rêve.

Ils chantent et elle regarde la ville de loin, la ville à l'ouest. Et dans la nuit dragon la lente brume monte comme une prière. Les chats ne veulent plus aller dehors, ils mangent tout le temps, émus et soyeux et puis le matin ils ont sucé tout le sang de l'aube naissante.

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