Aussitôt levée, j'ai mis les derniers objets indispensables et inutiles dans mes bagages et j'ai tiré sur le zipper de mon grand sac de cuir rouge sang de boeuf. Un peu comme on zapperait sur la dernière page d'un blog adulé mais fini à l'os à force d'avoir trop tiré sur l'élastique des fausses mais tellement vraies vérités du jour béni et de la vie humaine tellement trop humaine n'est-il pas. Tellement émouvante et vraie qu'elle tirerait les larmes d'un épervier égyptien momifié.

Quoi qu'il en soit, et comme à chaque année, avant les fêtes de Noël et tout ce que cela engendre, je n'en pouvais plus et j'avais besoin d'air et de neige fraîche et j'ai décroché pour m'enfuir vers le Bas-du-Fleuve.

Tant et si bien et si parfaitement décroché que je me suis déconnectée du grand vide ordinaire et que je vous emmènerais danser jusqu'au bord de l'amour, jusqu'au bout des toitures enneigés. Love and writing, or not to be.

J'ai donc pris un trop grand sac de voyage, un rouge foncé, et j'ai mis quelques affaires dedans, et j'ai pris ensuite l'avenue du parc vers le sud et à gauche la rue sherbrooke vers l'est et le soleil brillait pâle sur le grand morial, détaché de ce qui traînait sur la corde à linge et j'ai donc pris tous ça dans mon grand sac informe et je sais qu'il y aura de la glace et quelques autres surprises, et du sel mêlé de fin gravier qui revole partout, mais déneiger la voiture et pelleter de la neige ça peut toujours être une équation de bonheur quand on mange autre chose que de la chair humaine.