6. tendresses, my love

J'avais une longue liste de choses à faire aujourd'hui et je n'ai pas accompli la moitié de ce qui me paraissait pourtant urgent et sine qua non. Et j'ai même pas écrit trois lignes. C'est la faute à cet ordinateur. Vraiment de sa faute. Au lieu de l'apporter à un technicien pour le faire réparer, je me suis mis dans la tête de le faire moi-même. Après tout, n'est-ce pas moi qui l'ai esquinté ? Ah oui, quelques virus m'ont bien aidée, mais c'est moi qui me suis entêtée à tout remettre en état et qui ai commis quelques erreurs de parcours, non ? Donc, je continue. Pour le meilleur et pour le pire. Je suis donc allée sur le site du fabriquant de ma machine et j'ai tout lu. C'est ainsi que j'ai découvert et téléchargé le machin qui sait lire les dvd. J'ai tout réinstallé et devinez quoi ? Ça marche ! Ensuite j'ai pu sortir un peu et enfin laisser le soleil de septembre dorer mes joues amaigries et faire quelques provisions. Je sais pas ce qui se passe, je perds du poids. Après trois kilos, j'ai dit parfait. Mais ça n'arrête pas et je flotte dans mes vêtements. Et puis il y a cette fatigue omniprésente, j'ai horreur de ça. Alors en revenant de dehors avec mes paquets, je me suis couchée pour une longue sieste. Ce soir, je m'installerai confortablement dans un fauteil et je ne ferai rien d'autre que me prendre soin de. Rien d'autre. Même pas d'internet. Peut-être lire un peu Mishima et Bataille. Et réécouter tous mes disques de Maria Callas en mangeant du chocolat.

Quoi qu'il en soit, j'ai encore demain et lundi pour écrire jusqu'à ce que mort s'ensuive, jusqu'à m'intoxiquer de mots et de phrases qui vont débouler en cascades pressées.

Mais en attendant d'ouvrir mes livres et de me livrer corps et âme à une autre boulimie de lecture jusqu'au petit matin, la baignoire se remplit d'eau douce et parfumée et je vais m'y laisser glisser pour enfin donner quelques soins indispensables à ce corps éternellement amoureux de votre tendresse vagabonde.

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