Plus que huit pages et je mettrai le point final à ce journal. Le titre a changé ? Je ne me souviens pas quand, quelques semaines ou mois, peut-être. En français, j'ai mis un OU entre Love et Writing, et non pas un ET/AND.

Le OU de L'Écriture ou l'Amour marque une équivalence entre les deux termes. Pas une alternative. Au départ, tout me paraissait clair. Mais cela a généré quelques confusions troublantes. Inévitables. Et néanmoins fort intéressantes. Avec l'écriture, rien n'est aussi clair que ça en a l'air. Bienheureuse confusion, je t'aime. J'aime ce qui laisse à réfléchir sur le sens, ce qui n'est pas du tout cuit.

À Tadoussac, chacun des sentiers me ramène à la mer. La mer c'est le désir, le pays d'amour que je cherche partout. Devant l'estuaire, la grande baie si claire, mon esprit voyage vers d'autres horizons. L'écriture ou l'amour, c'est le vert et le bleu de la mer. Indissociables.

Entre l'écriture et l'amour, je ne choisis pas. Sinon je choisis les deux. J'ai besoin de l'un comme de l'autre, tissés l'un sur l'autre, pour vivre avant la fin du jour. Précision :

L'écriture n'est nullement un instrument de communication... [elle] paraît toujours symbolique, introversée, tournée ostensiblement du côté d'un versant secret du langage.

Cette phrase est de Roland Barthes, citée par Philippe Lavergne, en exergue à son « Avant-propos » de Finegans Wake.

La mer me donne le goût d'iode, le goût des algues. Le vert et le bleu tanguent sur les vagues, m'ouvrent le coeur à deux battants. Quel jour on est ?