Liederkreis 1 . [In foreign lands]

From the direction of home, behind the red flashes of lightning
There come clouds,
But Father and Mother are long dead;
No one there knows me anymore.

How soon, ah, how soon will that quiet time come,
When I too shall rest, and over me
the beautiful forest's loneliness shall rustle,
And no one here shall know me anymore.

Elle écoute encore Peter HÜBNER [un enregistrement live audio est disponible sur la page www.classicalmusicgroup.de].

Elle relitcet hymne cité plus haut, de Joseph von Eichendorff, sur une musique de Robert Alexander Schumann.

Et ce n'est pas tout...

Lundi j'ai fait mon jardin. Devant la maison, il y a un petit terrain d'environ trente pieds par cinquante. Quand j'ai acheté cet appartement il y a huit ans, j'avais bien vu que le jardin était en friche et que les gens du deuxième et du premier ne semblaient pas s'y intéresser, alors je leur ai dit que j'avais envie de le faire fleurir et ils m'ont dit bonne chance avec un petit sourire en coin, et que rien n'a jamais poussé là donc si ça vous amuse, nous, on n'a pas d'objection. J'ai dit bingo. Alors c'est comme ça que ce petit jardin est devenu presque comme s'il était juste à moi, même si cet espace est commun aux trois étages. Enfin bref, c'est pas très grand, mais juste assez pour faire pousser des tas de choses. Les années avant, j'ai planté trois petits cèdres, des Iris de Russie et un Rosier sauvage, et l'année dernière, une Spirée Van Houtte qui vient de fleurir. Une année, j'ai même planté des tubercules et j'ai récolté des pommes de terre. Je pense que des patates, ça pourrait pousser n'importe où. Je crois même que j'avais écrit ça dans le journal, sauf que j'ai pas trop envie de chercher où et quand. C'est vrai que je pourrais interroger les moteurs de recherche mais le lecteur est bien capable de faire ça tout seul, allez.

Mon seul problème c'est le vieil érable majestueux qui, avec ses racines, épuise toute les vitamines du sol et durcit la terre. Sans compter les innombrables cailloux et grosses racines enfouies qui font toc toc et cassent mes outils quand je creuse des trous et en plus qui prennent toute la place dans le sol. Alors je creuse avec la bêche et je creuse et je remplace la terre usée par de la riche terre noire spéciale jardin et du compost et des plantes vivaces qui vont repousser l'année prochaine et toutes les autres années après (I hope). Avec tout ça, j'ai plus de dos, plus de mains, rien, je suis plus bonne à rien.

Qu'est-ce que j'ai planté cette année ? D'abord plusieurs Hostas qui vont donner de jolies petites fleurs violettes, une Tradescantia de Virginie exactement pareille à celle de la page 145 [été 2001] et elle est en fleur depuis ce matin [Thank God, c'est pourtant pas vendredi], des Hémérocales jaunes, une Bergerian pourpre qui est divinement magnifique avec ses larges feuilles, et deux ou trois autres belles douces de toutes les couleurs avec des noms en latin que j'ai oubliés (j'ai pourtant mis les petites fiches techniques quelque part, mais où ? Toutes des plantes d'ombre au feuillage abondant et qui vont fleurir tout l'été. C'est déjà commencé. La pluie de la nuit dernière a déjà fait doubler tout ce beau monde-là. Patience lecteur, on va être bien cet été !

Et puis ce soir c'est jeudi. Elle repense à une longue lettre qu'elle a écrite avec son coeur et qui est restée sans réponse. Elle avait cru en quelqu'un qui n'existe pas. Nietzsche est mort. Mort de sa belle mort. Ce n'était qu'un personnage de roman et le roman est terminé. Encore quelques pages et elle écrira le mot FIN, finalement. Il ne lui reste plus qu'à se suicider [ohé, ohé].