107. sometimes it snows in april

C'est jeudi [ex-lundi] et je me lève en méditant sur le sens de quelques mots et sur leur origine. Le seul mot étymologie est utilisé à tort et à travers. Je veux réfléchir sur les glissements et la contamination qui se produisent dans l'usage des mots et au poids de sens que je leur donne souvent sans savoir d'où cela me vient.

Allusion au mot obscène sur lequel j'ai un peu déliré ces derniers jours, juste pour le plaisir de le découvrir, de l'écrire plusieurs fois en tentant d'approcher ce qui se cache en-dessous. C'est ainsi que j'en suis arrivée à la conclusion qu'il me fallait remonter aux sources. Parce que si les mots voyagent d'une langue à l'autre, d'un pays à l'autre en 2002, ils font ça depuis le début. L'idéal serait de prendre un seul mot et de le suivre dans l'histoire à partir du commencement, de gratter et déterrer les morts jusqu'à sa naissance, ses migrations, son mûrissement. Ça pourrait facilement faire une thèse, ou un beau livre.

Lu, dans ses Quotidienneries, un joli mot avec « sc » dedans : « fuscine ». C'est pas un, c'est deux sens à fuscine que je trouve dans mon petit robert à moi. C'est magnifique, deux mots pareils mais d'origines différentes et presque peu connus du commun des mortels de mon espèce. Ok. Je recopie :

1. FUSCINE : n.f. - 1413 ; du latin fuscina. Antiquité romaine : fourche à trois dents des pêcheurs de l'Antiquité, emblème de Neptune, dieu de la mer. => trident.

2. FUSCINE : n.f. 1834 "colorant brun" ; du latin fuscus, "noir". Pigment noir de la rétine.

Je pense aussi au mot fascination, comme dans être fasciné par quelqu'un ou quelque chose, comme quand on dit tu me fascines. J'aime les mots avec « sc » dedans; pourquoi ? qu'est-ce donc que ce « c » qui est venu se coller au petit serpent de « s ». Leur histoire aurait-elle quelque chose à voir avec la Chute ?

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