60. alinea

groseilles

Le lendemain, je voulais dormir. La vision était tenace, elle ne s'effaçait pas. Alors je me suis levée du lit trop doux et rempli de petits fruits rouges. J'espère la pluie pour arriver à toucher du doigt le vrai monde du silence le plus pur. Et mettre enfin les yeux dans le bleu du ciel à midi juste, quand le soleil sera au maximum de sa luminosité. Et respirer le parfum sans bruits.

Je suis montée encore une fois sur le toit de la maison la nuit dernière. Je ne savais pas ce que cela représenterait que de vivre avec Théo.

La vie m'arrachait à lui comme dans la chanson le crie dans le ciel qui peut bien s'effondrer [elle dit je me fous du monde entier, pas moi]. Et puis oui, à bien y penser, oui, je me fous du monde entier [puisque tu m'aimes], du moment qu'il ne me marche pas sur les pieds, et toi non plus, my love. Je ne joue pas.

Quel monde. Regarde les petits fruits rouges. Ne pense pas trop à ce qui tombe. De toute façon tout ce que ce qui monte doit redescendre. Méthaphysique.

Une fois de plus je retournerai à mes rêves avec le silence au fond de l'âme comme la chevelure de la méduse. Tu ne pourras jamais te faire entendre d'une manière aussi éclatante que dans la luminosité du bleu ciel. Essaie, Théo. Que pourras-tu m'écrire qui ne brille pas dans cette effrayante noirceur ? Dans ce ramassis de banalités qui s'écrit partout jour sur jour et nuit sur jour et jour sur nuit aussi bruyamment que cela ne termine jamais. Et ça fructifie dans son pire. Alinea.

Ce sont des mots et plus aucune mot n'a de sens et il faudra que tu te décides si tu veux en écrire avec moi [mon amour parce que tu m'aimes] jusqu'à trouver le vrai sens du silence, le son pur. L'écho ? Si tu n'entends pas l'écho, n'écris pas, n'écris plus. Entre son et silence, il y a l'autre, et le rouge.

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