Krieghoff : Courting on ice

Maintenant que la neige est là, j'attend la glace pour aller patiner sur les lacs et les rivières gelés. J'ai pas de lacs et de rivières autour de chez-moi mais ça fait plaisir de l'écrire comme ça. Ça fait partie des réalités qui pourraient être vraies. Parfois je prends conscience que réalité et vérité n'existent pas quand on écrit.

Et peu importe ce qu'on écrit, les mots ne pourront jamais donner forme vivante à un être. Ce sont tout au plus des lueurs dansantes sur fond noir d'encre.

Quand je décroche mes patins, c'est pour aller m'entraîner dans les parcs du quartier ou encore au lac des Castors. Je préfère le parc Saint-Viateur parce que c'est plus proche et l'étang fait une sorte de boucle, ça permet de filer à toute vitesse sans jamais revenir sur mes pas. Il y a des grands arbres autour et on entend que le bruit des lames sur la glace et les cris de joie des enfants. Sur la glace, je tourne en rond et ça me plaît. Pendant des heures.

Hier, c'était mon anniversaire. J'ai fait aiguiser mes patins. J'ai reçu en cadeau des tas de livres et une superbe écharpe rouge 100% pure laine vierge made in Italy. C'est même pas piquant. Enfin, si, un peu piquant, mais j'aime ça.

Et si la glace est belle, je patinerai en boucle tout l'après-midi, comme sur le tableau de C. K. Avec mon écharpe de laine rouge. Mais je ne porterai pas de jupe longue vieux rose 100% pure laine vierge made in England. Je me demande si ça existe encore, des patins avec des fioritures sur le devant. J'aimerais en trouver des pareils que sur le tableau de Krieghoff.