Impossible de résister à la tentation de citer encore une fois le grand Wilde :

L'éloge de la folie, à mesure qu'il discourait, prit son essor et devint une philosophie, et la Philosophie elle-même devint jeune et, se laissant gagner par la musique déchaînée du Plaisir, portant, eût-on pu dire robe tachée de vin et couronne de lierre, elle dansa telle une Bacchante par les collines de la vie, et railla le lourd Silène qui voulait rester sobre. Hôtes apeurés des bois, les faits s'enfuyaient à son approche.

Ses pieds blancs foulaient le vaste pressoir auprès duquel le sage Omar est assis, jusqu'à ce que le jus de raisin s'élevât en bouillonnant, entourant de vagues de bulles empourprées ses jambes nues, ou débordât en écume rouge le long des flancs évasés et ruisselants de la cuve. Ce fut une improvisation extraordinaire.

marginalia ou : dans la marge, en marge de, marginale
Voilà, c'est fait, ma nouvelle page est prête. C'est la Marginalia. Pourquoi ? Peut-être juste pour avoir une marge. Quand je lis, j'écris des notes dans les marges. C'est une sorte de manie. Et je le fais quand j'écris, aussi. Je veux dire, quand j'écris dans mes cahiers. Avec l'écriture à l'écran (Word ou autre) ou avec mon éditeur de textes (Ultra Edit, pour ne rien vous cacher), les marges me manquent et c'est pas mal embêtant. Ce que j'aime, c'est une petite marge quelque part, pas trop loin du texte où je peux noter ce qui sort du texte, au fur et à mesure. Je pense que j'ai enfin trouvé.

Calmons-nous. Pour commencer, il faut que je démêle un peu tout ça. Le Gradus des procédés littéraires classe les notes marginales dans les analogues de la paraphrase qu'il définit ainsi : « développement explicatif d'un texte ».

Oui, mais c'est un peu plus que ça. Alors je cherche encore. Voici : « si l'on se refuse à intégrer dans le texte un segment disponible qu'on veut mentionner (c'est en quelque sorte le contraire de la mise en évidence), on place ce segment entre parenthèses ou hors texte... et si la parenthèse amène une digression ou une double lecture, la note marginale (que je préfère appeler marginalia) servira au développement explicatif, comme les notes de bas de pages, les notes de l'éditeur ou du traducteur, les notes de lecture ou encore les commentaires après écriture. »

C'est bon, mais j'ajouterai aussi la définition de la paraphrase du Dictionnaire de rhétorique, c'est : « la forme à la fois la plus simple et la plus puissante de l'amplification ». Nous y voilà ! C'est ce que je cherchais. Ma page Marginalia est un lieu où je peux amplifier sans allourdir le texte et donc, lui re-donner une certaine légèreté, en prélevant les redondances, petits détails, exemples et illustrations et en les tassant dans la marge. Yes !

En fin de compte, dans la Marginalia, je mettrai un « paquet » de notes, des gribouillages et autres mots de plus qui vivront mieux leur vie en dehors du journal. La marge, d'habitude, c'est l'espace blanc autour d'une page. D'habitude. Mais sur l'internet, ouf, pas facile à gérer. Comment je fais avec ma manie des annotations ? Inutile d'expliquer, le lecteur aura déjà compris comment ça marche. C'est juste un autre blog dans lequel j'ajoute du contenu et vers qui je fais des ponts avec des hyperliens. Quand j'en ai besoin.