258. oraison

La peau est d'une somptueuse douceur. Le corps. Le corps est maigre, sans force, sans muscles, il pourrait avoir été gravement malade, être en convalescence, il est imberbe, sans virilité autre que celle du sexe, il est très faible, il paraît être à la merci d'une insulte, souffrant. Elle ne le regarde pas au visage. Elle ne le regarde pas. Elle le touche. Elle touche la douceur du sexe, de la peau, elle caresse la couleur dorée, l'inconnue nouveauté. Il gémit, il pleure. Il est dans un amour abominable. [M.D., L'amant]

Un samedi long comme une messe enrubannée de satin mauve. Mauve. Un jour oraison. Couleur prière. Les petites cases que je remplis de mille et un rêves pour les mille et une nuits de l'enfant se transforment en étendard. Je peins, j'écris de la poésie. La peinture s'étale et déborde sous la table.

Dans le four, le gratin dauphinois de madame Cartet. Facile : pommes de terre en fines tranches, crème fraîche, gruyère râpé, ail, sel. Soixante minutes de cuisson au four. Apéro : rosé de Provence en votre honneur.

Quand le chevalier est fatigué de conquérir le monde, il rentre au château et il fait ripaille. Dit-il.

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