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La caresse est un mode d'être du sujet, où le sujet dans le contact d'un autre va au-delà de ce contact. La contact en tant que sensation fait partie du monde de la lumière. Mais ce qui est caressé n'est pas touché à proprement parler. Ce n'est pas le velouté ou la tiédeur de cette main donnée dans le contact que cherche la caresse. Cette recherche de la caresse en constitue l'essence par le fait que la caressse ne sait pas ce qu'elle cherche.
(Emmanuel Levinas : Le temps et l'autre)

Petit matin. Petit café. Noir. Relire L'Eros de Levinas. Méditer. La lumière extérieure se fait rare. Les feuilles jaunes et rouges tourbillonnent. La terre est détrempée. Je vis au coeur du monde des sensations. Le vent m'arrache les oreilles. J'apprécie les couleurs et les odeurs de l'automne. Richesses. Je réfléchis.

Je réfléchis au monde de la lumière. À ce « terrible desire to establish contact » décrit par Katherine Mansfield.

Le contact et surtout le désir de contact en tant que sensation habitent le monde de la lumière. Le monde des sensations rapproche du monde de la lumière. La lumière blanche.

Lu, hier, sur une page de Karl Dubost : « Il y a une possibilité d'extase dans la vie »

Certaines phrases qui paraissent simples détiennent ce pouvoir de vous frapper comme un coup de marteau dans le front. Je les recueille avec soin. Je les note ici. Je réfléchis. Si le contact fait partie du monde de la lumière, et que la lumière est blanche, qu'arrive-t-il quand le blanc adopte certaines couleurs de l'arc-en-ciel ?

L'extase. Oui.